Des fleurs dans un vase sur fond jaune, un homme au comptoir d’un café, des vêtements négligemment posés sur un fauteuil, la Tour Eiffel se détachant sur un ciel rose de début de soirée… Non, nous n’avons pas été fouiner sur votre compte Instagram. Ces dessins simples, respirant la normalité et le quotidien, sont signés David Hockney. Si 2017 était clairement l’année événement pour l’artiste britannique qui fêtait alors ses 80 ans avec une rétrospective au Tate Britain (Londres), au Centre Pompidou (Paris) et au Metropolitan Museum (New York), le peintre revient avec une série de dessins plus modestes, réalisés… sur iPhone.
Ses Pictures of Daily Life (comprenez, Images du quotidien) retracent ainsi sa vie de tous les jours – qui ressemble étonnamment à la nôtre – en 23 sujets : il peint ce qui l’entoure, avec son regard si reconnaissable, empli de curiosité et de sincérité. Flanqué de sa tablette numérique ou de son smartphone, il crée des œuvres ultras colorées, tantôt pop, tantôt enfantines, mais dégageant toujours autant d’amour pour les détails que lui seul aperçoit.
Les quelques personnes qui ont eu la chance de le rencontrer ne sont pas en reste : David Hockney a également réalisé quatre portraits, dessinés sur le vif, qui sont quant à eux exposés dans le nouvel espace additionnel de la Galerie Lelong. On en ressort tout guilleret.
With his iPhone, the British artist David Hockney realizes coloured drawings, which tells about his simply daily life.
Vous êtes observés. Pas par une caméra de surveillance. Par une œuvre qui vous répond. Ici, le trouble règne en maître. Certaines œuvres donnent la parole à des intelligences artificielles qui s’adressent à nous avec une étrange familiarité. D’autres transforment des images intimes en données exploitables, des récits personnels en protocoles. Le malaise ne vient pas d’un discours, mais d’une reconnaissance immédiate : ces situations, on les connaît.
LAFAYETTE ANTICIPATIONS Du 1er avril au 19 juillet 2026
Qui va sauver le monde ? Certainement pas Ladji Diaby. Et surtout pas de la manière attendue. Ici, l’artiste ne brandit ni slogan écologique ni prophétie politique. Il arrive après la tempête. Quand le décor est déjà fissuré, quand les récits rassurants ont cessé de fonctionner. Son installation ressemble à un après-coup : un monde fait de restes, de fragments, d’objets chargés de vies antérieures. Rien n’est neuf. Tout a déjà servi. Et c’est précisément là que quelque chose recommence. Diaby travaille avec ce qu’il trouve, au sens littéral. Des objets issus de sa maison familiale à Ivry-sur-Seine, des fragments abandonnés, des traces de pop culture, des reliques de rituels, des éléments intimes déplacés d’une vie à l’autre.
Du 24 mars au 23 août 2026 Institut du Monde Arabe
Le temps a parfois le pouvoir d’épaissir les récits. Cette exposition arrive ainsi chargée d’une densité particulière, comme une réflexion longtemps mûrie avant de se livrer au regard.
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