"Gilles Caron, 1968"

  • Michel Poivert, Gilles Caron 1968, Flammarion
  • Daniel Cohn-Bendit devant la Sorbonne. Paris, mai 1968
  • Gilles Caron
  • Le lanceur de pavé
  • Manifestation CGT

 

A l’occasion du 50e anniversaire de Mai 68, le photographe Gilles Caron s’expose pour la première fois à Paris, à l’Hôtel de ville. Les 300 photographies exposées sont décryptées dans l’ouvrage de Michel Poivert, rappelant et élucidant certains points des événements de mai 68 mais surtout l’œuvre de Gilles Caron.

Car si les photojournalistes étaient nombreux à couvrir cet événement, Gilles Caron s’en dégage cependant, et ce à l’âge de 28 ans, par des clichés iconiques. Par son âge et son objectif, il symbolise ainsi cette jeunesse des années soixante. Comment ? En travaillant l’événement dans sa forme emblématique : la manifestation. Pourtant, le catalogue d’exposition ne se fige pas sur ce motif. Il mêle dans ses pages, photographies de jeunesse combattante, pavés à la main, et clichés reflétant la culture de l’époque, du cinéma de la nouvelle vague aux créations de mode. « Des passions jusqu’alors jugées puériles […], ces nouveaux signes d’appartenance à une génération pop qui s’exprime avec ses journaux », remémore l’auteur. Oui, la révolution est aussi culturelle.

Mireille Darc, Romy Schneider, France Gall, Alain Delon, Claude François ou Françoise Hardy : ici, rien n’est anecdotique, même aux côtés des portraits de « l’hyperprésident » De Gaulle, des images de Nanterre ou des victimes de l’insurrection. Dans cet escalade de violence, Gilles Caron passe « de l’expression symbolique au langage des corps » et dégage de cette chorégraphie, des clichés puissants.

Mais Michel Poivert souligne aussi le fait que Caron ne fut pas un « soixante-huitard » : cet événement auquel il assiste n’en est qu’un parmi d’autres. Il réalisait au même moment un reportage sur la guerre du Biafra. Incarnant la figure de photographie de presse comme mémoire visuelle, « Caron est un décrypteur d’événements, pas un photographe d’opinion » conclut-il. On ne peut s’empêcher cependant, de ressentir au cours de notre lecture, le « spleen sixties » qui survolaient alors les combats et les incertitudes de l’époque.

Gilles Caron 1986
Auteur : Michel Poivert
287 pages - Editions Flammarion - valeur : 39,90 €

>> L'exposition Gilles Caron, Paris 1968 à l'Hôtel de Ville


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