Le CentQuatre Du 13 octobre 2018 au 6 janvier 2019
Du 13 octobre au 6 janvier 2019 - Centquatre-Paris //
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Qui ne connaît pas la Grotte Chauvet ? Encore mieux, qui n’a jamais rêvé de pénétrer dans ce lieu renfermant les premiers dessins connus de l’humanité ? Si l’accès à ce site sacré est réservé aux scientifiques, l’artiste contemporain Raphaël Dellaporta a pu y poser un pied, et son appareil photo. Pas de jalousie, cela n’était que pour mieux nous la retranscrire, pour que l’on puisse à notre tour, s’y immerger. Grâce à une prise de vue automatisée, il a recomposé en images les volumes complexes et les dessins pariétaux qu’abrite la Caverne du Pont d’Arc. Ces prises de vue en noir et blanc se déploient désormais sur grand écran, en forme de planisphère, afin que le public puisse ressentir l’atmosphère étrange – quasi mystique – de ce patrimoine d’art pariétal. Plus qu’un héritage archéologique, l’œuvre totale qu’est la grotte Chauvet devient ainsi une « métaphore du mouvement du monde » explique l’artiste, l’illustration de « l’hypothèse anthropologique selon laquelle les cavernes et le cosmos seraient reliés ». Ici, ce sont en tout cas technologie de pointe et temps anciens qui s’accordent, donnant ainsi à voir et à ressentir – l’œuvre est immersive – une certaine puissance poétique.
Contemporary artist Raphael Dallaporta recreates the famous cave art Chaumet in a spectacular immersive piece of art.
Vous êtes observés. Pas par une caméra de surveillance. Par une œuvre qui vous répond. Ici, le trouble règne en maître. Certaines œuvres donnent la parole à des intelligences artificielles qui s’adressent à nous avec une étrange familiarité. D’autres transforment des images intimes en données exploitables, des récits personnels en protocoles. Le malaise ne vient pas d’un discours, mais d’une reconnaissance immédiate : ces situations, on les connaît.
Entrez dans l’atelier. Pas celui du peintre, ni celui du sculpteur. Celui de l’art en train de se faire. Dès l’entrée, une guitare électrique donne le ton. Dessinée par le designer et musicien Jacques Averna, elle a l’air ludique, presque légère. Elle est tout l’inverse. Sa forme entrave le jeu, déplace la posture, oblige le musicien à négocier avec l’objet.
LAFAYETTE ANTICIPATIONS Du 1er avril au 19 juillet 2026
Qui va sauver le monde ? Certainement pas Ladji Diaby. Et surtout pas de la manière attendue. Ici, l’artiste ne brandit ni slogan écologique ni prophétie politique. Il arrive après la tempête. Quand le décor est déjà fissuré, quand les récits rassurants ont cessé de fonctionner. Son installation ressemble à un après-coup : un monde fait de restes, de fragments, d’objets chargés de vies antérieures. Rien n’est neuf. Tout a déjà servi. Et c’est précisément là que quelque chose recommence. Diaby travaille avec ce qu’il trouve, au sens littéral. Des objets issus de sa maison familiale à Ivry-sur-Seine, des fragments abandonnés, des traces de pop culture, des reliques de rituels, des éléments intimes déplacés d’une vie à l’autre.
À presque 90 ans, Larry Poons peint toujours comme on plonge. Sans filet. Figure majeure de l’abstraction américaine, révélé dans les années 1960 aux côtés de Frank Stella et exposé très tôt au MoMA, Poons n’a jamais cessé de se défaire de ce qui l’avait rendu célèbre.
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