Passée au crible : Jean-Michel Basquiat - Rencontre au sommet

Fondation Louis Vuitton
Du 3 octobre 2018 au 21 janvier 2019

Jusqu'au 21 janvier 2019 -
Fondation Louis Vuitton //

 

Décidément, le nom de Jean-Michel Basquiat est sur toutes les lèvres en ce moment. La cote de cet artiste décédé il y a trente ans, en 1988, a atteint des records en 2017 avec la somme folle de 110,5 millions de dollars. Une comédie musicale centrée sur l’histoire et l’art de Basquiat est aussi en préparation à Broadway. Ce n’est donc pas étonnant qu’une rétrospective d’envergure lui soit consacrée. Loin de l’engouement médiatique et commercial venu des États-Unis, pays de l’excès s’il en est, on ne pouvait rêver plus bel hommage à cet éternel jeune homme. Cette exposition grandiose est tout simplement immanquable, et cela même si vous n’êtes pas familier avec son œuvre.

Pourquoi faut-il absolument connaître Basquiat ?  

Cet artiste afro-américain d’origine haïtienne a marqué de son empreinte les années 1980. Influencé par l’art classique (Léonard de Vinci), populaire (jazz, vaudou, bande dessinée) aussi bien qu’urbain (street art, graffitis ou musique hip-hop et sa verve langagière), son parcours est représentatif du fameux rêve américain. Propulsé des rues des quartiers populaires aux galeries d’art new-yorkaises, Basquiat n’oublie pas de dénoncer les maux de la société de consommation américaine. Il voit d’ailleurs en Warhol un mentor, avec lequel il collabore dès 1982 : une forte amitié se noue et les deux visionnaires réalisent près de 150 toiles ensemble. La légende voudrait que deux heures après avoir rencontré Warhol, Basquiat lui ait fait parvenir le tableau Dos Cabezas, inspiré de la photo polaroid qu’ils ont pris ensemble un peu plus tôt ! Né en 1960 dans une Amérique qui tolère encore la ségrégation raciale, Basquiat est sans doute l’artiste peintre afro-américain le plus connu au monde. Il ne faut donc pas oublier que son œuvre extrêmement prolifique, utilisant de très nombreux supports, était aussi politique : la condition des Noirs est ainsi évoquée et dénoncée. Ce cri puissant résonne encore malheureusement aujourd’hui au vu du mouvement Black Lives Matter.

Cette exposition immense se déploie sur quatre niveaux (près de 2500 m²) pour couvrir l’ensemble de la carrière du peintre. Parmi les 135 œuvres présentées, certaines sont inédites en Europe, comme l’imposante Riding with Death (1988), ironiquement réalisée au crépuscule de la vie de Basquiat, d’autres rarement vues : ne ratez pas trois œuvres réalisées en 1982, Offensive Orange, Untitled (Boxer), et Untitled (Yellow Tar and Feathers). Il faut ainsi s’imaginer que présenter une collection d’une telle envergure n’a pas été tâche facile. Et quoi de mieux comme entrée en matière que de pouvoir admirer trois vanités, à la fois crânes, masques et visages (Heads, réalisées entre 1981 et 1983), réunies pour la première fois dans un musée. Mort à 27 ans d’une overdose, Basquiat laisse un vide dans le monde de l’art.

 

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