Passée au crible : On air, carte blanche à Tomás Saraceno, Science ou poésie ?

Palais de Tokyo
Du 17 octobre 2018 au 8 janvier 2019

Jusqu'au 6 janvier 2019 -
Palais de Tokyo //

 

40

L’art est partout, surtout dans ce qu’on ne voit pas : voilà ce que semble nous dire la nouvelle carte blanche du Palais de Tokyo, attribuée à Tomás Saraceno. Et il faudra, pour certains visiteurs, s’armer de courage pour visiter cette exposition qui se veut immersive… Les araignées de l’artiste environnemental peuplent depuis plusieurs mois les espaces monochromes du musée. Il faut dire que le plasticien argentin a la manie de faire de l’art avec tout ce qui ne relève pas de cette sphère : au fil du parcours, de cet « écosystème » inter espèces où chacun est invité à entrer et à participer, les œuvres-expérimentations scientifiques de Tomás Saraceno se succèdent, déployées sur deux niveaux, au sens littéral comme au figuré.

Dans « Webs of At-Tent(s)ion », 76 toiles d’araignées tissées par différentes espèces forment une nébuleuse, une constellation flottante d’une poésie rare, mais aussi, d’un point de vue plus pragmatique, l’habitat et l’extension des sens de ces insectes qui reçoivent à travers les réseaux de fils de soie, des informations sur le monde qui les entoure. Si des micros spécifiques permettent d’écouter le rythme des vibrations échangées, il faudra pour les entendre, être silencieux… presque invisible à son tour. Invisible comme l’infiniment petit, que l’artiste s’est amusé à rendre perceptible dans « Printed Matters ». Dans cette installation, c’est au mouvement des particules flottantes, notamment celles de la pollution que Tomás Saraceno nous confronte : si les impressions à l’encre qui en ressortent sont séduisantes, elles traduisent de manière terre-à-terre la qualité horrifique de l’air que nous respirons…

Nombreuses, toutes les créations-démonstrations de cette exposition-expérience poussent à nous interroger sur le futur de l’homme et son adaptation à l’environnement, qu’il a lui-même modifié. « Les humains pourraient-ils un jour vivre dans les airs ? » sonne comme le dernier vers de cette réflexion physique intense dont on ressort troublé : sûrement le résultat des oscillations entre sublime poétique et constat écologique.

Palais de Tokyo entrusts his carte blanche to Tomás Saraceno, who mixes art and science, micro and macroscopic to sensitize us about environmental questions.


Vous aimerez aussi…

panneau-pte-fille
  • Incontournable
  • En famille

Les 50 ans du Musée en Herbe à Paris du 3 au 6 avril !

MUSÉE EN HERBE
Du 3 au 6 avril 2026

Il se tient dans une rue du centre de Paris. Il parle aux enfants. Et pourtant, il est immense. Qui d’autre réunit trente figures majeures de l’art urbain pour un anniversaire ? Qui mobilise 100…

DSC07771®dby-photographie_Cite du Vin_GEDEON Programmes_Atelier Sylvain Roca
  • Contemporain
  • Incontournable

Cité du Vin Bordeaux : elle fête ses 10 ans !

CITÉ DU VIN
Du 1er avril au 1er novembre 2026

Dix ans déjà que Bordeaux possède son vaisseau de verre et de lumière posé sur les quais. Dix ans que la Cité du Vin célèbre le monde dans un verre, les terroirs dans un récit, les saisons dans une…

FSRG1027_HD - photo © Gregory Copitet
  • Gratuit
  • Incontournable

Exposition Milan 1966, Ettore Sottsass & Andy Warhol, à la Galerie Mitterand

GALERIE MITTERRAND
Jusqu’au 9 mai 2026

Recréer l’énergie d’un moment où l’objet domestique et l’image Pop ont cessé de s’ignorer : telle est l’ambition de cette exposition audacieuse. En février 1966, à Milan, Sottsass expose les Mobili Fly. Des meubles verticaux, géométriques, saturés de couleur, qui ne cherchent plus à servir mais à affirmer. Au même moment, Warhol élève les produits de consommation au rang d’icônes.

Jef Aérosol _ Dans les interstices, le bonheur se glisse _ 2026 _ 100x100cm _ Aérsol et pochoirs sur toile _ Mathgoth
  • Contemporain
  • Découverte

Jef Aérosol révèle ses Interstices

Du 12 mars au 18 avril 2026
Galerie Mathgoth

On croyait connaître Jef Aérosol. Le pochoir, la rue, les visages devenus emblématiques. À la galerie Mathgoth, l’artiste révèle un autre pan de son travail