Georges Dorignac, Corps et Âmes

Musée de Montmartre
Du 15 mars au 8 septembre 2019

Georges Dorignac, c’est cet artiste qui s’installera en 1901 à Montmartre, ami de Modigliani et Soutine, dont Rodin aimera dire qu’il dessine comme un sculpteur. Et effectivement, face à ses œuvres au noir, façonnées dans la masse de charbon déposée sur la feuille, on jurerait que les corps dessinés crèvent le papier pour prendre forme sous nos yeux. Un noir profond, intense et pourtant empreint de douceur, velouté, un noir caresse. Des sanguines aussi, sublimement dessinées, comme si l’on pouvait encore effleurer la peau des modèles.

Mais Dorignac c’est plus que ces noirs que l’histoire de l’art a bien voulu retenir et le Musée de Montmartre fait revenir en ses terres ce dessinateur de génie, qui commença sa carrière avec une œuvre d’inspiration impressionniste et pointilliste, guidé par Signac ou Seurat, sublimant la couleur dans des œuvres délicates. 80 œuvres sont exposées dont la moitié n’a encore jamais été présentée au grand public, dévoilant la variété des styles et des techniques de l’artiste et sa maîtrise éblouissante du trait.  Un trait expressif, vivant, modelé et contrasté, celui d’un dessinateur-sculpteur. Fusain, aquarelle et autres peintures défilent ici magnifiquement, nous faisant découvrir l’envers du noir, une couleur qui tranche, douce et pastelle, livrant toutes les émotions du corps humain. On découvrira ici une encore tout autre facette de son travail, celle d’un artiste extrêmement attaché à l’art roman et médiéval, excellant dans les arts décoratifs (tapisserie, céramique, vitrail) autour de thèmes religieux ou profanes. En 1922, il signera l’affiche du Salon d’Automne, révélant encore une nouvelle sensibilité. Un artiste beaucoup plus complexe qu’il n’y paraît, avec une œuvre magistrale que l’on prend un immense plaisir à redécouvrir ici, dans le sublime écrin du charmant musée de Montmartre. Poursuivez votre parcours à deux pas du musée, et rendez-vous à la Basilique du Sacré Cœur pour y admirer l’impressionnante huile sur toile « Christ en Croix », présentée dans la chapelle Saint François d’Assise dont vous aurez pu admirer le dessin préparatoire dans l’exposition.

 

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Rodin déclara un jour que l’artiste Georges Dorignac « sculpte ses dessins ». Quel beau compliment pour un dessinateur ! En réunissant près de 85 dessins au fusain, à l’aquarelle et autres peintures de l’artiste, l’accrochage nous permet de découvrir, souvent pour la première fois, des œuvres fortes et touchantes. Redécouvert il y a peu de temps, cet artiste de la première école de Paris mérite d’être reconnu au même titre que ses comparses Modigliani et Soutine. Ce Bordelais d’origine s’installe à Montmartre en 1901, et est influencé par les impressionnistes et les artistes de la Butte. Son art profondément singulier se différenciera néanmoins des courants artistiques du moment. Sa carrière fulgurante d’un quart de siècle nous laisse en héritage des œuvres fortes, inspirées par Millet, et mettant en avant l’attitude du corps humain, ainsi que des projets décoratifs de tapisserie, vitraux, ou céramique. Les critiques retiendront ses portraits « au noir » : l’artiste exploite en effet toutes les possibilités offertes par le fusain, cet outil clé du dessinateur par sa précision de trait et son coût peu élevé. Peu mis en avant dans des réalisations en tant que telles au profit de la couleur des crayons et de la peinture, le fusain permet d’obtenir des noirs profonds. Le rendu charbonneux auquel on pourrait s’attendre laisse pourtant place à une impression de brillance et de lumière lorsque l’on admire les dessins de Dorignac. Loin d’être sombres, ses créations laissent une impression de douceur… La puissance expressive qui ressort de son œuvre est surprenante de modernité, et continue de nous éblouir encore aujourd’hui !

It is high time you discover the art of Montmartre artist Georges Dorignac. His powerful and touching drawings are true masterpieces. A must see !

 

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