LYON // Maxwell Alexandre

Musée d'Art Contemporain de Lyon
Du 8 mars au 7 juillet 2019

Jusqu'au 7 Juillet 2019 -
Musée d'Art Contemporain de Lyon //

C’est la première fois en France que l’on a la chance de découvrir une exposition monographique de l’artiste brésilien Maxwell Alexandre, et pour cela direction le MAC Lyon. Maxwell Alexandre c’est un artiste montant de la scène internationale, 28 ans à peine, et déjà une carrière fulgurante pour cet artiste vivant dans la plus grande favela de Rio de Janeiro, ex-champion de roller habitué à sillonner l’espace urbain à toute vitesse, captant ainsi un flot vertigineux d’images dynamiques, colorées et authentiques.

Son crédo : frapper le racisme en pleine face, non pas physiquement, mais poétiquement avec sa peinture.

Bordures de fenêtres, portes, bâches de piscine…Peu importe le support, ce qui prime c’est le message... Sa toile n’est pas en lin blanc immaculé, l’artiste lui préfère le papier brun, façon kraft, brut, métis, non sans rappeler la teinte des peaux brunes qui furent largement associées à l'esclavage et au colonialisme. Ses œuvres sont inspirées de la peinture murale et de la musique rap, bourrées de références au street art, au funk et à la mode que l’on retrouve aussi bien dans les favelas de Rio que dans la culture noire américaine. Sa peinture percute pop culture et violences policières, ses œuvres incarnent les soulèvements sociaux, culturels et politiques, et interrogent la place des minorités, comme ici avec cette femme à la peau brune qui s’insurge contre une voiture de police en frappant la vitre avec sa jambe relevée, en signe de protestation.

Ses sujets sont issus de la vie quotidienne, nourris d'une poétique urbaine, figurant des groupes d'individus anonymes aux visages à peine esquissés : femmes, enfants en uniforme, ouvriers des services urbains, des personnages au visage effacé sans yeux, sans bouche, des anonymes ou au contraire des références universelles comme le couple Beyoncé - J Zay au Louvre.

Ses toiles ne sont pas encadrables, véritables fresques urbaines monumentales qui célèbrent les minorités afro-brésiliennes, des œuvres XXL réalisées spécifiquement pour cette exposition.

Au-delà des stéréotypes, l’artiste nous livre une œuvre narrative, complexe et engagée, affirmant la différence comme une fierté, empreinte d’un sentiment d’honneur et de réussite. Derrière ses couleurs tranchées, du bleu, du noir, du jaune, du rouge, l’artiste nous rappelle que la peinture peut elle aussi être un acte politique puissant.

  • Portrait Maxwell Alexandre
  • Meus manos, minhas mina..., de la série Pardo é Papel, 2018
  • Só quando tu tá com as folhas geral gosta de salada, de la sériePardo é Papel, 2018
  • Só quando tu tá com as folhas geral gosta de salada, de la sériePardo é Papel, 2018
  • Só quando tu tá com as folhas geral gosta de salada, de la sériePardo é Papel, 2018
  • Megazord, de la sériePardo é Papel, 2018
  • A lua quer ser preta, se pinta no eclipse, de la série Pardo é Papel, 2018
  • A lua quer ser preta, se pinta no eclipse, de la série Pardo é Papel, 2018 (détail)
  • A lua quer ser preta, se pinta no eclipse, de la série Pardo é Papel, 2018 (détail)
  • Meus manos, minhas mina..., de la série Pardo é Papel, 2018
  • Megazord, de la sériePardo é Papel, 2018
  • Megazord, de la sériePardo é Papel, 2018
  • Megazord, de la sériePardo é Papel, 2018
  • Studio de Maxwell Alexandre

 

Des œuvres fragiles et puissantes d’un Brésil sous tension, voilà ce que l’artiste Maxwell Alexandre a voulu partager avec nous, pour la toute première fois en France. Il s’inspire de sa vie dans la favela Rocinha à Rio de Janeiro : sa musique rap, le roller qu’il a longtemps pratiqué, la peinture murale, ont profondément influencé son œuvre. L’artiste capte l’énergie de la ville. Ses œuvres reflètent les problématiques sociales, culturelles et politiques au sein du collectif. Pour cela, il utilise différents supports comme du papier brun, des portes et des cadres de fenêtres en fer dans lesquels se dessinent des situations de la vie quotidienne, ou des groupes d’individus anonymes aux visages à peine esquissés… Femmes, enfants en uniforme, ouvriers, policiers, tous circulent dans les ruelles de Rocinha. Par leur présence sur les fresques monumentales de l’artiste, ils apparaissent beaux et fiers. Le corps afro-brésilien est célébré sous sa peinture somptueusement fluide. Chez Maxwell Alexander les silhouettes osent défier les figures d’autorités pour faire entendre leurs droits, comme cette femme à la peau brune qui s’insurge contre une voiture de police en frappant la vitre avec sa jambe relevée, en signe de protestation. Une confrontation de plus avec les forces de l’ordre, qui illustre une routine communautaire contemporaine. Le titre de l'exposition Pardo é Papel fait d’ailleurs référence en portugais, à travers l'emploi du mot “pardo”, aux teintes des peaux noires qui furent largement associées à l'esclavage et au colonialisme. Le mot est ici amplifié par le papier kraft "papel" qu'emploie à dessein Maxwell Alexandre pour incarner l'affirmation des communautés afro-descendantes. Une problématique très actuelle au vu du contexte politique du Brésil que l’artiste revendique haut et fort : « Je pense que parfois, il faut frapper le racisme en pleine face, mais je n’ai pas le courage de frapper physiquement quelqu’un, alors je le fais en peinture ». Une belle preuve de courage pour cet artiste qui a choisi l’art pour mettre en exergue l’un des combats les plus importants de notre époque.

Les photos de l'exposition :

  • Vue de l'exposition Maxwell Alexandre au MAC Lyon (1)
  • Vue de l'exposition Maxwell Alexandre au MAC Lyon (2)
  • Vue de l'exposition Maxwell Alexandre au MAC Lyon (3)
  • Vue de l'exposition Maxwell Alexandre au MAC Lyon (4)
  • Vue de l'exposition Maxwell Alexandre au MAC Lyon (5)
  • Vue de l'exposition Maxwell Alexandre au MAC Lyon (6)
  • Vue de l'exposition Maxwell Alexandre au MAC Lyon (7)
  • Vue de l'exposition Maxwell Alexandre au MAC Lyon (8)
  • Vue de l'exposition Maxwell Alexandre au MAC Lyon (9)

 


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