Embarcation immédiate pour l'Asie avec la nouvelle exposition du musée Guimet

Musée national des arts asiatiques – Guimet
Du 21 octobre 2020 au 20 septembre 2021

 

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Et si nous nous envolions pour l’Asie sur un tapis volant ? Pari tenu pour le Musée Guimet qui nous transporte depuis la capitale sur les terres vibrantes de l’Extrême-Orient. Trois artistes contemporains investissent les lieux dans un nuage de sable et de magie et nous présentent leurs œuvres, objets d’art issus d’un savoir-faire unique, d’une identité forte et d’un imaginaire sans limite. Un tapis, justement, comme en lévitation, s’offre à nos yeux ébahis. Sur ses extrémités s’amoncèlent des paysages merveilleux, minimalistes et enchanteurs, des montagnes ensablées aux habitats troglodytes. Un tapis de famille transmis de mère en fille, nous dit l’artiste Remen Chopra, qui nous invite au voyage, à l’exil, sans jamais perdre de vue l’héritage du passé. La pièce de tissu, comme transcendée par la main créatrice, se fait socle d’une civilisation multimillénaire, l’Inde immortelle. D’autres œuvres suspendues, au-dessus de nos têtes, déconstruisent le mouvement d’une danseuse sur des panneaux de coton. En une spirale à la proportion déclinante, le sujet s’élève vers la lumière et la photographie prend des allures de peinture vivante, nous offrant le sentiment d’un moment flottant en dehors de l’espace et du temps. Une autre artiste indienne, Reena Saini Kallat, nous interpelle par son installation monumentale, des rouleaux de soie comme témoignage d’histoires fracturées. Sur ces drapés bleu indigo s’inscrivent les préambules des constitutions de pays divisés – Inde et Pakistan, Serbie et Croatie, Bangladesh et Inde, les deux Corée… – dans un mélange de langues et de braille. Illisibles, ces textes nous renvoient au sentiment d’échec que ces peuples ressentent face à l’impossibilité à se comprendre et à se battre pour leurs valeurs communes. Notre voyage au long cours prendra fin au cœur d’un havre de paix, espace du musée transfiguré en jardin japonais où cohabitent compositions contemporaines florales et artisanales. L’art ancestral du tressage de bambou y est exceptionnellement mis à l’honneur, et chacune des œuvres présentes, en puisant son essence dans la tradition de la vannerie, se voit être le reflet de l’identité spirituelle et intemporelle d’un pays. Ainsi sous nos yeux d’enfant se déploie la face immergée de tout un continent, comme des portes vers l’ailleurs, vers un sanctuaire magique qui nous donne à saisir l’identité contemporaine d’une civilisation étrangère.


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