Plongez dans les lumières abyssales d'Iván Navarro à l'exposition du CentQuatre

Le CentQuatre
Jusqu'au 28 février 2021

  • Iván Navarro, Constellations (détail), 2019
  • Portrait d'Iván Navarro
  • Iván Navarro, Constellations (détail), 2019
  • Iván Navarro, Homeless Lamp, the Juice Sucker, 2004-2005
  • Iván Navarro, Sediments, 2018
  • Iván Navarro, Shrapnel 5, 2020
  • Iván Navarro, Trafic

 

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L’effet est toujours admirable. On se sent curieusement captivé par ces longs tunnels où se répètent infiniment des centaines de néons multicolores. Les lumières hypnotisent à la manière des œuvres de Dan Flavin, mais d’une toute autre intensité, plus brute, plus menaçante, comme la puissance magnétique d’un immense trou noir.

Né à Santiago en 1972, Iván Navarro se plait à détourner l’esthétique minimaliste des années 70 pour en subvertir les codes. Cet artiste chilien, qui grandit sous la dictature de Pinochet, interroge ainsi les mécanismes de pouvoir et d’enfermement à travers des jeux de lumière et d’optique. Dans une constellation de vidéos, sculptures et créations sonores, les néons se confondent en de multiples corps célestes dans une galaxie sans nom. Pour Navarro : « Les étoiles guident et accompagnent les hommes dans ses questionnements depuis la nuit des temps ». Ce voyage métaphysique dans les profondeurs fait resurgir les thématiques de la mémoire, de l’identité et de l’exil. Dans l’obscurité de l’espace, face à l’éblouissement des œuvres, on se sent pris dans nos propres contradictions, entre le visible et l’invisible, entre l’attrait et le retrait. Des abysses qui renvoient à une profonde angoisse de perdre toute individualité face à un pouvoir oppressant.