Rencontre avec les muses de Fabienne Cinquin à l'exposition du musée Mandet

Musée Mandet
Prochainement

Fabienne Cinquin est une conteuse de l’image comme il ne s’en fait plus. Sa plume est pleine de vie, de couleurs, d’imagination, nous plongeant dans un monde à la Alice au Pays des Merveilles, à la rencontre d’êtres fantasques et exubérants. Et quand l’artiste se fait inviter par le Musée Mandet de Riom pour une carte blanche, autant vous dire que la magie opère magnifiquement. Fabienne Cinquin s’est plongée dans les collections sublimes du musée, retenant une œuvre ici, captant un détail par-là, ressentant une atmosphère, s’arrêtant sur une couleur ou un jeu de matières... Ici la Montgolfière de Gustave Alaux, là le portrait du maître des lieux, Francisque Mandet peint par Cornet… Les univers se mêlent alors dans une douce métamorphose. Sa baguette magique en main, armée de crayons, pinceaux, aquarelles et encres de Chine, elle s’est mise à dessiner, partout, sur des feuilles, des toiles, et même sur les murs de l’institution, réalisant durant plusieurs semaines (mois ?) dans le plus grand secret des fresques géantes, mêlant le tracé franc du dessin d’illustration à la délicatesse de l’estampe. Une visite aux allures de livre immersif dont les salles seraient des pages à feuilleter, passant des sorcières tapies dans l’ombre aux nymphes aquatiques baignées de lumière. Laissez-vous guider par cette bonne fée, contournez la parade des chimères, levez les yeux pour admirer la dame au bois volant… Des personnages étranges et fascinants issus de ses albums originaux, d’élégantes demoiselles en robe à crinoline, dévoilant un bec de corbeau et des oreilles de lapin… comme pour mieux écouter nos réactions. N’y voyez-vous pas une réinterprétation géniale de l’ambiance des salons baroques du musée Mandet, un nouveau regard sur les précieuses céramiques des collections, des clins d’œil délicieux aux figures mythologiques du Psyché d’Amaury Duval ou des personnages du défilé des gueux d’Alphonse Cornet ? L’artiste réussit à nous faire basculer de l’autre côté, au cœur des pièces les plus emblématiques du musée, ne sachant plus à quelle époque on est, ni si ces êtres que l’on croise sont issus de l’imagination d’une artiste ensorceleuse ou de nos propres interprétations. Un monde de l’émerveillement dans lequel on resterait finalement bien encore un peu plus longtemps…

 

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Venez assister au rendez-vous des bonnes fées ou à la parade des chimères, et avec un peu de chance, vous pourrez même croiser la dame au bois volant… Illustratrice depuis plusieurs années, Fabienne Cinquin inonde les livres, les affiches et les magazines de ses images symboliques et colorées. De La déjeunite de Madame Mouche au Cabinet de Curieuses, ses nombreuses collaborations littéraires l’ont menée à s’imprégner d’un univers surréaliste où grouillent bestiaux étranges et sorcières hybrides. Une série d’illustrations rend hommage aux collections du musée : des dames élégantes en robes d’ébène se métamorphosent progressivement en monstres effrayants alors que jaillissent de leur corps des branches végétales, des oreilles de lapins et des becs de corbeaux. Qu’elles sont fascinantes ces « Curieuses » vêtues de leurs robes à crinoline aux formes tentaculaires, sous lesquelles logent mains et jambes prêtes à attraper le premier venu. Certaines d’elles font écho aux élégantes des salons baroques du musée Mandet quand d’autres renvoient aux figures mythologiques d’Amaury Duval ou d’Alphonse Cornet.

À travers cet univers mêlé d’humour et d’épouvante, on devine aussi l’inspiration des êtres fantasques de Lewis Carroll et des personnages gothiques de Tim Burton. Toujours finement dessinés et colorés comme des estampes, plusieurs albums originaux de Fabienne Cinquin dévoilent la diversité de ses techniques allant de l’encre de chine colorée à l’aquarelle et au collage. Une minutie exceptionnelle qui s’ajoute à son imagination débordante et insolite.

 

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Focus sur... Le Cabinet des Curieuses

Fortement inspirée de la mode du XIXe siècle, les illustrations de Fabienne Cinquin sont souvent réalisées à partir d’authentiques gravures découpées dans des journaux d’époque et retravaillés ensuite à l’encre. Sérigraphié et cousu main, le livre Cabinet des Curieuses, ponctué de récits de Dominique Fournil, présente une série de ses collages et dessins inspirés des contes de Perrault. Sur les images, elle ajoute à l’encre de chine noire et rouge d’étranges costumes et d’immenses bêtes fantastiques, sur un fond coloré à l’aquarelle. Entre Max Ernst, Gustave Doré ou Odilon Redon, ce livre d’artiste nous plonge dans un monde onirique et malicieux.

L'exposition contée

Les photos de l'exposition :

 

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MUSÉE MANDET
Prochainement
14 rue de l’Hôtel de Ville, 63200 Riom
www.musees-riom.com


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