Volume 3 : Le Salon des Beaux Arts termine son épopée à la Maison de la Culture du Japon (Gratuit)

Maison de la Culture du Japon
Du 22 juin au 3 juillet 2021

Le salon des beaux-arts signe ici son dernier volet, dans le temple de la culture du Japon à Paris. Un lieu prestigieux pour accueillir des artistes qui s’imprègnent de l’esprit de l’archipel aux 6852 iles. Nous sommes accueillis non sans émotion par les toiles lumineuses et délicates du vice-président d’honneur de cette saison, Kojiro Akagi, disparu en février dernier et qui nous crie son amour pour Paris, nous menant du pont de l’Alma à la place Vendôme, avec ses peintures qui semblent être tissées à même la toile, sculptées dans la matière. A leurs côtés, ses nus imperturbables se déclinent sous le regard des trois sentiments de Jean-Philippe Richard. Comment ne pas être ému face à la liseuse de Paul Collomb, magnifique redécouverte de cet artiste primé qui reçut le Grand Prix de Rome en 1950. Nous pénétrons dans une ronde de sculptures. Ici les silhouettes épurées d’André Abram semblent dialoguer avec les attachantes créatures d’Inès Bruant. Les blocs symphoniques d’Alain-Marie Parmentier enveloppent comme pour les protéger les céramiques écorchées d’Isabelle King. Notre voyage continue et nous envolons aux côtés des œuvres sensibles d’Alexandrine Aimé, aussitôt ramené à la vacuité des choses de la vie par l’artiste japonaise Repunkurs. Delphine Rodrigue et ses danseuses étoiles dodues et pleines de malice semblent provoquer les madones aux visages impénétrables d’Isabelle Léourier, lovés dans leur cocon douillet. Les êtres de métal d’Elian Lacroix nous attirent irrésistiblement, comme d’ultimes reliques de notre froide humanité, contrastant par leur noirceur avec la blancheur immaculée des totems d’orfèvre d’Inès Ferreira. Une atmosphère paisible et zen émane de ces œuvres, comme ici avec les planètes spirituelles de Young Ran Jung qui nous renvoient à la curiosité d’un autre monde, semblant donner la réplique aux sphères de céramique d’Hélène Raynal, comme empreintes de la mémoire du pinceau de l’artiste. Admirer les constructions énigmatiques de Catherine Sévérac, suivre les liens rouges de Véronique Sudry qui déroulent une vision solitaire de l’intime face aux silhouettes de Sophie Sirot, se perdre dans les paysages oniriques de Tsuzen Nakajima, échanger avec la petite faunesse de Jurata Wajda ou murmurer des poèmes à l’oreille géante de Bertrand Michaux qui irradient dans les espaces d’exposition. Plus qu’une exposition, une expérience.

Nous avons eu la chance de visiter pour vous ce troisième volet du Salon des Beaux Arts :

 

34

Après deux premiers volets enthousiasmants : l’un à l’Espace Froissart pour la section Papier et Photographie et l’autre à la Maison Deyrolle pour la section Naturaliste, le Salon des Beaux Arts achève son périple à la Maison de la Culture du Japon pour les sections Céramique, Textile, Peinture et Sculpture du 22 juin au 3 juillet 2021.

Au bord de la Seine, à deux pas de la Tour Eiffel, la Maison de la Culture du Japon accueille sculpteurs, céramistes, peintres et artistes textiles dans le ballet éblouissant de matériaux sans cesse métamorphosés sous leurs mains de maîtres. Évadez-vous dans l’univers paisible et poétique des paysages enivrants de Tsuzen Nakajima, entre l’estampe japonaise et l’aquarelle ou des sculptures de plumes à la délectable fragilité d’Isabelle Léourier. Nous retrouvons également, Delphine Rodrigue, artiste multi-tâche dans un premier temps, qui s’attarde finalement sur la sculpture, support grâce auquel elle découvre un moyen d’expression moderne et singulier. Découvrez aussi Alain-Marie Parmentier, que rien ne destinait à la sculpture et qui pourtant laisse exprimer sa créativité à travers le bois et les éléments de la nature. Une cinquantaine d'œuvres sont ainsi exposées pour ce dernier volet qui met en lumière le lien étroit entre le Salon des Beaux Arts et le Japon depuis sa création.

En savoir plus sur le Salon

Créé en 1861 par une association d’artistes indépendants (parmi lesquels Louis Martinet et Théophile Gautier) le Salon de la Société Nationale des Beaux Arts a traversé l’histoire, et l’histoire l’a traversé. Les plus grands noms de la peinture, de la sculpture, de la gravure y ont exposé chaque année, et ont été, depuis 159 ans, la vigie des nouvelles réflexions sur l’art de chaque époque. Historique, le Salon des Beaux Arts réunit de nombreux artistes, français et internationaux, sélectionnés sur la qualité de leur travail par une commission de professionnels de la culture, sans discrimination d’âge, ou de nationalité. Il présente le travail d’artistes déjà confirmés comme celui d’artistes venus d’horizons divers : peinture, sculpture, sculpture céramique, gravure, photographie, dessin et illustration.

 

8

Retour sur le Premier Volet à l'Espace Froissart : Lire notre article

Retour sur le Deuxième Volet à la Maison Deyrolle : Lire notre article

SALON DES BEAUX ARTS
Maison de la Culture du Japon - Du 22 juin au 3 juillet 2021
101 bis quai Branly, 75015 - M° Bir-Hakeim (6)
Du mardi au samedi - de 11h à 19h

Entrée sur invitation à télécharger sur le site officiel.

Retrouvez notre article sur l'ensemble de la manifestation.


Vous aimerez aussi…

Vue de l'exposition Ivana Zivic - Galerie Boris (4)
  • Vidéo
  • Gratuit

 L'exposition électrisante Ivana Živić à la Galerie Boris : notre vidéo YouTube

Galerie Boris
Du 11 septembre au 30 novembre 2023

La Galerie Boris invite l'électrisante Ivana Živić le temps d'une exposition féérique : découvrez notre vidéo sur YouTube.

Capture d’écran 2026-03-04 105351
  • Gratuit
  • Incontournable

Exposition Moi et les autres, regards d’artistes sur nos vies en ligne, à la Fondation Groupe EDF

FONDATION GROUPE EDF
Jusqu’au 27 septembre 2026

Vous êtes observés. Pas par une caméra de surveillance. Par une œuvre qui vous répond. Ici, le trouble règne en maître. Certaines œuvres donnent la parole à des intelligences artificielles qui s’adressent à nous avec une étrange familiarité. D’autres transforment des images intimes en données exploitables, des récits personnels en protocoles. Le malaise ne vient pas d’un discours, mais d’une reconnaissance immédiate : ces situations, on les connaît.

14_Ladji Diaby MG_0617
  • Gratuit
  • Contemporain

Exposition de Ladji Diaby, Who’s Gonna Save The World ? à Lafayette Anticipations

LAFAYETTE ANTICIPATIONS
Du 1er avril au 19 juillet 2026

Qui va sauver le monde ? Certainement pas Ladji Diaby. Et surtout pas de la manière attendue. Ici, l’artiste ne brandit ni slogan écologique ni prophétie politique. Il arrive après la tempête. Quand le décor est déjà fissuré, quand les récits rassurants ont cessé de fonctionner. Son installation ressemble à un après-coup : un monde fait de restes, de fragments, d’objets chargés de vies antérieures. Rien n’est neuf. Tout a déjà servi. Et c’est précisément là que quelque chose recommence. Diaby travaille avec ce qu’il trouve, au sens littéral. Des objets issus de sa maison familiale à Ivry-sur-Seine, des fragments abandonnés, des traces de pop culture, des reliques de rituels, des éléments intimes déplacés d’une vie à l’autre.

Capture d’écran 2026-03-02 172911
  • Gratuit
  • Contemporain

Exposition de Etel Adnan, au cœur du silence, à la Galerie Lelong

GALERIE LELONG
Jusqu’au 7 mai 2026

Avant les toiles éclatantes et la reconnaissance internationale, il y eut le papier. Des chutes, des feuilles fragiles, des restes de pastels ramassés presque par hasard. À l’automne 1959, en Californie, Etel Adnan commence à dessiner comme on écrit un poème.