Martha Wilson expose son corps au Centre Pompidou

Centre Pompidou
Jusqu'au 31 janvier 2022

  • Portrait de l’artiste
  • Martha Wilson, Red Head, 1973
  • Martha Wilson, Captivating a Man, 1972
  • Martha Wilson, A Portfolio of Models, détail : The Working Girl, 1974
  • Martha Wilson, Posturing : Male Impersonator (Butch), 1973
  • Martha Wilson, Breast Forms Permutated, 1972
  • Martha Wilson, Art Sucks, 1972

 

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Martha Wilson fait partie de ces artistes mystérieuses qui ont choisi de jouer de leur corps et de leur identité pour créer, au risque de s’évincer du commun des mortels. À travers le jeu de rôles, le travestissement et la mise en scène de l'usurpation d'identité de personnalités publiques, l’artiste américaine a fait de sa vie une performance artistique. Au début des années 1970, Martha Wilson s’engage aux côtés de la première génération d’artistes féministes dont Wilke ou Eleanor Antin, produisant une œuvre frontale où le corps, utilisé dans sa fonction visuelle, devient médium artistique à part entière. Ce moyen semble alors idéal pour questionner les représentations sociales du féminin, à une époque où le stéréotype de la femme objet s’intensifiait au rythme effréné de la société consommation. Depuis, l’artiste constitue un moteur artistique crucial dans les différentes batailles culturelles, usant toujours de son corps pour dénoncer dans une ironie mordante et radicale, à l’image de son groupe DISBAND dont les membres ne savent jouer d’aucun instrument, où la vocalité débridée, bruitisme et amateurisme punk déploient une critique satirique du monde de l’art ; ou encore ses performances de stand-up, imitant notamment les épouses des présidents américains. Réunissant plus d’une quarantaine d’œuvres, le Centre Pompidou lui consacre sa première exposition monographique dans une institution française, à ne rater pour rien au monde !