Planet [wanderer] à Chaillot : symbiose du troisième type

Quand un chorégraphe rencontre un plasticien, les planètes se mettent à danser. Pendant une heure, ce qu'il se passe sur la scène de Chaillot relève du surnaturel, c'est l'union improbable entre deux artistes qui aspirent au même projet, donner une forme à l'invisible. Ici l'errance des planètes, le grand drame de l'Univers. 

 

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Pas de hasard si le mot « planète » partage sa racine grecque avec « errant ». Le Système solaire tourne inlassablement dans la Voie Lactée à 230 km/s, Voie lactée qui se dirige à 70 km/s vers la galaxie d'Andromède avec laquelle elle fusionnera dans quelques milliards d'années, comme elle l'avait déjà fait auparavant et comme elle recommencera. Bref, l'errance intersidérale. Le chorégraphe franco-belge Damien Jalet et le plasticien japonais Kohei Nawa ont eux aussi fusionné. De cette union à la croisée des arts et des mondes, des matières et des mouvements, née un spectacle plastique unique qui traduit en poésie cet obscur phénomène.

Sur une scène couverte de sable noir étincelant émergent, lentement et douloureusement, huit corps. Des danseurs étoiles qui n'ont d'étoile que la poussière qui recouvre leur peau. Ce sont des automates, des planètes. Huit planètes. Il en existe neuf dans notre système solaire. Pas d'erreur, c'est un spectacle qui se contemple depuis la Terre. Raides, inclinés, renversés, les interprètes nous livrent une performance qui défient les lois de la gravité. Au fil du temps et du firmament, Planet [wanderer] confronte ces sculptures mouvantes à divers matériaux, au déchainement des éléments, pour décrire l’amour à la fois viscéral et onirique qui relie les humains à leur planète. Une expérience contemplative, magnifique et inquiétante. L'Univers.


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