Clément Cogitore nous expose son quotidien mystifié au CentQuatre
Le CentQuatre Du 2 avril au 29 mai 2022
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Quand l’art contemporain rencontre le cinéma, il en ressort parfois des chefs-d’œuvre singuliers et troublants. C’est à ce jeu habile que se prête Clément Cogitore, dont l’art à l’équilibre subtil fait l’objet d’une exposition au Centquatre. À travers des extraits de ses films, savants mélanges entre le documentaire et la fiction, nous découvrons des images à la beauté élégiaque, mettant en avant l’aura quasi magique qui peut émaner du réel. Sans sujet de prédilection, Clément Cogitore nous révèle l'esthétisme de l’inattendu : le mystère d’une nuée d’écrans de téléphone, la poésie d’un poids lourd sur les routes, l’essence éphémère des peintures ancestrales des grottes de Lascaux… De jolies métamorphoses, oniriques et inattendues.
Vous êtes observés. Pas par une caméra de surveillance. Par une œuvre qui vous répond. Ici, le trouble règne en maître. Certaines œuvres donnent la parole à des intelligences artificielles qui s’adressent à nous avec une étrange familiarité. D’autres transforment des images intimes en données exploitables, des récits personnels en protocoles. Le malaise ne vient pas d’un discours, mais d’une reconnaissance immédiate : ces situations, on les connaît.
À la fin des années 1960, en Corée, un groupe d’artistes choisit le retrait. Pas le silence passif, mais une résistance par la répétition, par la matière, par le geste. On appellera plus tard ce mouvement Dansaekhwa – littéralement « peinture monochrome ».
Il y a chez Shirley Jaffe une manière unique de faire vibrer la surface. Des formes nettes, tranchées, presque découpées, qui semblent flotter dans un espace blanc devenu champ actif. La Galerie Nathalie Obadia rend hommage à l’artiste américaine dix ans après sa disparition à travers douze peintures couvrant plus de cinquante ans de création.