Mais que vient donc faire l’impertinente Sophie Calle chez Picasso ? Difficile d’imaginer l’une des artistes les plus libres de ces cinquante dernières années célébrer l’œuvre et l’héritage du monstrueux Minotaure, cet ogre qui aimait par-dessus tout dévorer les femmes.
Une fois la surprise passée, la plasticienne ne tarde pas à nous rassurer ; cet hommage se fera « sans lui » ... ou presque. Connue pour sa vie intime, ses ruptures, son œuvre autobiographique et sa touche voyeuriste, Sophie Calle réalise ici ce qu’elle sait faire de mieux : parler d’elle, de son enfance, de son testament.
À contre-courant des célébrations mettant à l’honneur le peintre espagnol, cette exposition aux allures de rétrospective consacre ainsi l’œil irrévérencieux de Sophie Calle l’indocile, l’affranchie. L’occasion de s’attarder sur cette photographie d’elle petite encadrée dans une boîte en noyer sur laquelle on peut lire cette phrase délicieuse énoncée par sa mère après sa première exposition à New York : « Tu les as bien eus ! ».
Face à ses clichés des Picasso confinés et de toutes ces œuvres minutieusement emballées lors du confinement, force est de constater que Sophie Calle a réussi son pari et vole bien la vedette au génie espagnol.
Vous êtes observés. Pas par une caméra de surveillance. Par une œuvre qui vous répond. Ici, le trouble règne en maître. Certaines œuvres donnent la parole à des intelligences artificielles qui s’adressent à nous avec une étrange familiarité. D’autres transforment des images intimes en données exploitables, des récits personnels en protocoles. Le malaise ne vient pas d’un discours, mais d’une reconnaissance immédiate : ces situations, on les connaît.
LAFAYETTE ANTICIPATIONS Du 1er avril au 19 juillet 2026
Qui va sauver le monde ? Certainement pas Ladji Diaby. Et surtout pas de la manière attendue. Ici, l’artiste ne brandit ni slogan écologique ni prophétie politique. Il arrive après la tempête. Quand le décor est déjà fissuré, quand les récits rassurants ont cessé de fonctionner. Son installation ressemble à un après-coup : un monde fait de restes, de fragments, d’objets chargés de vies antérieures. Rien n’est neuf. Tout a déjà servi. Et c’est précisément là que quelque chose recommence. Diaby travaille avec ce qu’il trouve, au sens littéral. Des objets issus de sa maison familiale à Ivry-sur-Seine, des fragments abandonnés, des traces de pop culture, des reliques de rituels, des éléments intimes déplacés d’une vie à l’autre.
Du 27 janvier au 5 avril 2026 BnF - Site François Mitterrand
C’est une histoire d’amour qui n’a jamais pris fin. Celle d’une femme vêtue de noir, silhouette longiligne, regard de braise et voix de velours, qui chantait la fragilité comme on respire. Près de trente ans après sa disparition, Barbara revient sur scène – ou presque.
Une traversée dans laquelle films, vidéos, dessins et peintures se fondent en un même paysage mental, saturé d’images numériques et de dialogues en boucle.
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