Lafayette Anticipations Du 16 octobre 2024 au 9 février 2025
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Promotion sur le rêve… Pour sa première rétrospective française, l’artiste américaine Martine Syms transforme Lafayette Anticipations en un concept-store surprenant. La parenté entretenue avec l’univers mercantile est revendiquée et intégrée dans la forme même de l'événement, qui prend l’allure d’une immense boutique où les œuvres sont autant de marchandises. À mi-chemin entre la profusion hétéroclite d’une brocante d’antiquités et l’imagerie pop d’une supérette, l’exposition propose un catalogue d’objets de factures diverses s’associant pour former une curieuse manifestation plastique, textile et photographique.
L’esprit hyperactif de cette artiste polyvalente travaille à plein régime et accouche de collages disparates où l’on retrouve toutes ses obsessions. Désir, recherche d’identité, culture noire-américaine, chaque thème est décliné à travers un cocktail joyeusement anarchique d’influences, d’images-choc et de mots. Dans cet inventaire foutraque, la plasticienne fait cohabiter sans hiérarchie des slogans, des extraits de livres et des éléments de langage moderne érigés en réels mantras. Alors suivez les indications et perdez-vous dans les rayons pleins à craquer de ce grand magasin de souvenirs à échelle humaine. Chez Martine Syms, on vend de l’image et du réel en pièces détachées. Vous reprendrez bien une tranche de vie ?
Vous êtes observés. Pas par une caméra de surveillance. Par une œuvre qui vous répond. Ici, le trouble règne en maître. Certaines œuvres donnent la parole à des intelligences artificielles qui s’adressent à nous avec une étrange familiarité. D’autres transforment des images intimes en données exploitables, des récits personnels en protocoles. Le malaise ne vient pas d’un discours, mais d’une reconnaissance immédiate : ces situations, on les connaît.
LAFAYETTE ANTICIPATIONS Du 1er avril au 19 juillet 2026
Qui va sauver le monde ? Certainement pas Ladji Diaby. Et surtout pas de la manière attendue. Ici, l’artiste ne brandit ni slogan écologique ni prophétie politique. Il arrive après la tempête. Quand le décor est déjà fissuré, quand les récits rassurants ont cessé de fonctionner. Son installation ressemble à un après-coup : un monde fait de restes, de fragments, d’objets chargés de vies antérieures. Rien n’est neuf. Tout a déjà servi. Et c’est précisément là que quelque chose recommence. Diaby travaille avec ce qu’il trouve, au sens littéral. Des objets issus de sa maison familiale à Ivry-sur-Seine, des fragments abandonnés, des traces de pop culture, des reliques de rituels, des éléments intimes déplacés d’une vie à l’autre.
GRILLES DU JARDIN DU Luxembourg jusqu'au 19 juillet
Les icebergs se fissurent. Les déserts avancent. Les rivières changent de lit. Ce que photographie Thibault Gerbaldi, c’est le mouvement, l’impermanence, la transformation. Du Groenland à la Namibie, de l’Islande à la Mongolie, ses images mettent en regard deux forces : celle des paysages, immenses, en mutation constante, et celle des êtres humains, minuscules à l’échelle géologique, mais étonnamment résistants.
À la fin des années 1960, en Corée, un groupe d’artistes choisit le retrait. Pas le silence passif, mais une résistance par la répétition, par la matière, par le geste. On appellera plus tard ce mouvement Dansaekhwa – littéralement « peinture monochrome ».
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