Exposition Arte Povera, tracer une révolution à Tornabuoni Art Paris
Tornabuoni Art Paris Jusqu’au 12 janvier 2025
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Comment naissent les révolutions ? Dans le monde de l’art, il peut suffire d’une étincelle, d’une entorse infime aux conventions établies pour les provoquer. L’Arte Povera, mis à l'honneur par la galerie Tornabuoni dans cette nouvelle exposition, fait partie de ces heureux incidents de l’Histoire de l’art, donnant naissance à une portée d'œuvres bâtardes avec l’idée de prendre en charge les matériaux les moins nobles de la création. Dans la terre, Mario Merz fait pousser d’étranges arbustes au tronc de verre et au feuillage en néon, tandis que Giulio Paolini détruit le buste du poète latin Lucrèce. Déclaration de guerre contre le classicisme ? Plutôt une déclaration d’amour, aux révolutions miniatures et à la richesse de l’art pauvre.
Vous êtes observés. Pas par une caméra de surveillance. Par une œuvre qui vous répond. Ici, le trouble règne en maître. Certaines œuvres donnent la parole à des intelligences artificielles qui s’adressent à nous avec une étrange familiarité. D’autres transforment des images intimes en données exploitables, des récits personnels en protocoles. Le malaise ne vient pas d’un discours, mais d’une reconnaissance immédiate : ces situations, on les connaît.
Avant Warhol, avant la société du spectacle, Kees van Dongen savait déjà tout. La couleur comme arme. Le portrait comme scène. La peinture comme attitude.
Entrez dans l’atelier. Pas celui du peintre, ni celui du sculpteur. Celui de l’art en train de se faire. Dès l’entrée, une guitare électrique donne le ton. Dessinée par le designer et musicien Jacques Averna, elle a l’air ludique, presque légère. Elle est tout l’inverse. Sa forme entrave le jeu, déplace la posture, oblige le musicien à négocier avec l’objet.