Exposition Les larmes de joie, Benoit Dutour enchante le Musée régional d’Auvergne

MUSÉE RÉGIONAL D’AUVERGNE
Du 18 mai au 2 novembre 2025

 

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On pourrait croire à des gouttes de pluie figées en plein ciel. Des éclats de lumière suspendus dans leur chute. Mais ces larmes-là ne tombent pas. Elles s’élèvent. Sculptées dans le verre optique, suspendues au-dessus du sol comme autant de présences silencieuses, elles racontent un territoire. Celles de Benoît Dutour ne sont pas de chagrin, mais d’appartenance. De joie. D’ancrage. À la manière de bouteilles à la mer, elles renferment des messages intimes, partagés par toute une région. Une installation comme un chant suspendu, offert à la nef d’une chapelle oubliée. C’est dans l’ancienne chapelle du Musée régional d’Auvergne, à Riom, que l’artiste a choisi de faire flotter ses trente-et-une larmes de verre.

Là, dans ce sanctuaire reconverti, l’art sacré laisse place à une mémoire collective en suspension. La lumière s’y dépose doucement, se brise sur le verre et en révèle les secrets : à l’intérieur de chaque larme, un monde miniature. Des ceps de vigne. Des graines. Des minéraux volcaniques. De la pierre de Volvic taillée. Des fragments de journaux. Des pigments issus du sol. Des objets-mémoire suggérés par les habitants eux-mêmes. Chaque larme devient capsule temporelle, précieuse et fragile. Un concentré d’Auvergne, à la fois physique et symbolique. Une œuvre à contempler lentement. Les yeux levés. Et le cœur ouvert.

On y retrouve les échos de la terre, de ses savoir-faire et de ses gestes anciens, mais aussi ceux de la vie contemporaine : entreprises locales, clubs sportifs, initiatives citoyennes. L’ensemble compose une sorte d’herbier lumineux du territoire, aussi subjectif que sensible. Cette œuvre n’a rien de statique. Elle est née du dialogue, de la rencontre, de la participation. Benoît Dutour, artiste du lien et de la mémoire partagée, a conçu cette installation comme un geste collectif. Une première rencontre a eu lieu avec les habitants en novembre 2024. Un formulaire a circulé dans les musées, sur les réseaux sociaux, invitant chacun à proposer un souvenir, un fragment, un symbole à encapsuler. L’art devient ici vecteur d’écoute, outil de transmission, catalyseur d’identité.

Le Saviez-vous ?

L’artiste n’en est pas à son coup d’essai. Il avait déjà semé ses larmes de verre sur la place des Vosges, dans l’église de la Madeleine, ou encore dans un projet pour Notre-Dame de Paris intégrant les bois calcinés de l’incendie. Mais ici, la résonance est plus intime. Plus territoriale. En investissant la chapelle du musée, devenue point d’orgue du parcours, Benoît Dutour élève ses larmes de joie comme une offrande collective, un hommage suspendu, un geste de beauté partagée.


MUSÉE RÉGIONAL D’AUVERGNE
Du 18 mai au 2 novembre 2025
10 bis rue Delille, Riom


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