Paris 1925, quand l’architecture se fait manifeste...
CITE DE L’ARCHITECTURE & DU PATRIMOINE
Du 24 octobre 2025 au 29 mars 2026
Nous entrons ici comme nous ouvririons un carnet secret, ou un pavillon que l’on croyait à jamais refermé : un espace où dort encore l'audace d’une époque qui voulait tout réinventer. 1925 n’est pas une simple date ; c’est une onde de choc, l’instant précis où la France décide de redonner au beau un rôle moteur, un souffle vital, une ambition totale. En revisitant l’Exposition internationale des arts décoratifs et industriels modernes, la Cité de l’architecture ne se contente pas de célébrer un centenaire : elle nous invite à retrouver le moment où la modernité française a pris forme, faisant des arts décoratifs un véritable manifeste. Notre immersion se déploie dès les premières salles, avec cette maquette virtuelle monumentale qui recompose l’extraordinaire constellation de pavillons reliant le Grand Palais aux Invalides, glissant le long du pont Alexandre-III comme une procession lumineuse. Nous arpentons un Paris recomposé, géométrique, clair, décidé à faire du décor un état d’esprit et de l’architecture une promesse pour un monde neuf. Sous la direction de Charles Plumet, de véritables visionnaires s’étaient donné rendez-vous : Le Corbusier, Henri Sauvage, Albert Laprade, Auguste Perret, Henry-Roger Expert, Pierre Patout, Louis Süe et André Mare, Tony Garnier, Robert Mallet-Stevens, Konstantin Melnikoff… Chacun défendait une idée du futur. Le Corbusier posait les bases de l’architecture radicale du XXᵉ siècle, Perret exaltait la noblesse structurelle du béton, Mallet-Stevens composait ses lignes comme des séquences de cinéma, tandis que Patout préparait les courbes du paquebot moderne. Une constellation d’esprits libres dessinait le paysage esthétique de l’après-guerre.
Le parcours présenté à la Cité redonne chair à cette effervescence. Plans originaux, dessins, maquettes, archives d’époque : les matériaux exhumés montrent à quel point l’Exposition de 1925 a été un champ d’expérimentation sans équivalent. Non seulement un moment de gloire du style Art déco – ses lignes claires, ses motifs géométriques, ses matières nobles –, mais surtout l’acte de naissance d’une modernité architecturale engagée, pensée pour la vie quotidienne, pour le confort, pour le rythme de la ville en mutation.
Un jardin Art déco, reconstitué au cœur de l’exposition, rappelle combien les architectes de l’époque avaient compris que nature et modernité n’étaient pas des forces opposées mais un dialogue à réinventer. Le végétal devenait principe, respiration, architecture en soi. Aujourd’hui, alors que nos villes cherchent un second souffle, cette intuition retrouve une résonance saisissante. La force de cette rétrospective tient enfin dans son regard humaniste : elle ressuscite une génération d’architectes qui a posé les fondations d’un style visionnaire en conciliant rigueur et sensualité, innovation et élégance, ambition et simplicité. Une génération pour laquelle la beauté n’était pas un luxe mais un acte d’avenir.
Cent ans plus tard, la Cité de l’architecture nous offre l’occasion rare de ressentir ce moment incandescent où Paris rêvait d’un monde plus harmonieux. Une invitation à redécouvrir l’Art déco non comme un style figé, mais comme une énergie : celle qui nous pousse, aujourd’hui encore, à inventer des formes capables d’accompagner nos vies et de magnifier nos horizons
CITE DE L’ARCHITECTURE & DU PATRIMOINE
Du 24 octobre 2025 au 29 mars 2026
1, Place du Trocadéro et du 11 Novembre - 75116 Paris - M° Trocadéro (9)
Du lun. au dim. 11h-19h, sauf mar. et nocturne le jeu. jusq. à 21h.
Tarif : 18 € - TR : 5 €









