Des cicatrices et des paysages d'Isabel Obaldia à la Maison de l'Amérique Latine

MAISON DE L'AMERIQUE LATINE
Jusqu'au 26 février 2026

Et nous voici, déchirés. Le titre choisi par Isabel De Obaldia n’a rien d’une métaphore : c’est une déchirure réelle, géographique et humaine, celle du Darién, ce goulet végétal qui sépare le Panama de la Colombie et engloutit chaque année des vies dans ses boues profondes.

 

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Pour la première fois à la Maison de l’Amérique latine, la sculptrice et peintre franco-panaméenne déploie une installation qui mêle grandes peintures sur papier, corps de verre colorés, son et vidéo – un paysage d’éclats, de traces, de voix brisées. Dans cette jungle saturée d’humidité et de périls, plus d’un demi-million de migrants ont tenté la traversée entre 2021 et 2023, poussant jusqu’à Bajo Chiquito, village bouleversé par cet afflux brutal puis par son assèchement soudain. Ce sont ces corps, ces retours forcés, ces natifs pris dans un mouvement qui les dépasse, et cette nature prodigieuse autant que mutilée, que l’artiste fait réapparaître dans l’espace avec ces silhouettes fracturées, ces présences fantomatiques, ces éclats de verre comme autant de cicatrices. Une traversée nécessaire, comme une manière de regarder en face ce que le monde préfère laisser dans l’ombre.

MAISON DE L’AMÉRIQUE LATINE
Jusqu’au 26 février 2026
217 boulevard Saint-Germain, 75007
M° Solférino (12) - Du lun. au ven.
10h-18h. Le sam. 14h-18h
Fermé dim. - Entrée libre


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