Pierre Jahan, La pudeur des corps et des pierres
Du 11 février au 10 mai 2026
Centre des arts d'Enghien-les-Bains
Ses photographies donnent l’impression de n’appartenir à aucune époque. Tirages d’origine des années 1947-48, ces nus et ces
images de gisants ont une présence immédiate : lignes pures, contrastes nets, absence de tout artifice. La chair et la pierre y deviennent des volumes essentiels, traités avec la même dignité silencieuse. Cette qualité singulière tient à une démarche portée par la quête de ce qui est profond plutôt que simplement visible.
À Enghien-les-Bains, les nus anciens répondent aux gisants de l’abbaye de Saint-Denis comme deux variations d’un même geste plastique : dépouiller la forme pour atteindre une vérité visuelle. Le noir et blanc, strict et lumineux, efface le superflu et met en lumière la ligne, le rythme, l’architecture du corps. Pierre Jahan, photographe indépendant et curieux infatigable, installe ces images dans une atmosphère qui invite à la contemplation plutôt qu’à l’anecdote. En 1947, il accompagne ses nus d’extraits du Plain-Chant de Jean Cocteau, une rencontre poétique qui affirme la dimension intérieure de son projet. Cette association n’est pas accessoire : elle éclaire une intention qui dépasse la simple représentation pour toucher à une présence presque spirituelle. Les séries présentées ici – nus et gisants – témoignent d’un regard capable de rendre visible ce qui est profond, intempestif et universel. À travers des surfaces lisses et des formes architecturales, les corps paraissent sculptés par la lumière plutôt que photographiés, et les pierres semblent animées d’un souffle propre.
Centre des arts d'Enghien-les-Bains
Du 11 février au 10 mai 2026
12-16 rue de la Libération, 95880 Enghien-les-Bains
Du mar. au dim. 14h-18h, les mer. 10h-20h
Entrée libre







