On entre dans Limbo comme dans un monde déréglé, suspendu après la catastrophe. Gabriel Abrantes compose une traversée dans laquelle films, installations vidéo, dessins et peintures se fondent en un même paysage mental, saturé d’images numériques et de dialogues en boucle.
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Ici, la figure humaine s’efface presque. Des rats, des fantômes, des robots prennent la parole à sa place. Ils parlent comme nous parlons aujourd’hui : fragments de débats, slogans recyclés, émotions brutes arrachées aux réseaux sociaux et aux chaînes d’information. Coincés dans des décors apocalyptiques, ces personnages flottent dans des limbes où l’intime et le politique s’emmêlent sans jamais se résoudre. Le vocabulaire visuel de la 3D, emprunté aux industries du divertissement, devient la langue unique de ce monde à venir – lisse, séduisante, parfois inquiétante. Mais sous la satire piquante affleure une vraie tendresse. Abrantes observe ces créatures artificielles avec une empathie troublante, mêlant tragédie et farce, humour et mélancolie.
Vous êtes observés. Pas par une caméra de surveillance. Par une œuvre qui vous répond. Ici, le trouble règne en maître. Certaines œuvres donnent la parole à des intelligences artificielles qui s’adressent à nous avec une étrange familiarité. D’autres transforment des images intimes en données exploitables, des récits personnels en protocoles. Le malaise ne vient pas d’un discours, mais d’une reconnaissance immédiate : ces situations, on les connaît.
Il y a chez Shirley Jaffe une manière unique de faire vibrer la surface. Des formes nettes, tranchées, presque découpées, qui semblent flotter dans un espace blanc devenu champ actif. La Galerie Nathalie Obadia rend hommage à l’artiste américaine dix ans après sa disparition à travers douze peintures couvrant plus de cinquante ans de création.
Du 28 janvier au 3 mai 2026 Fondation Henri Cartier-Bresson
La surprise agit comme un premier pas hors du réel. La Fondation Henri Cartier-Bresson nous invite cette fois à voyager non par la photographie, mais par la peinture.
Du 15 janvier au 21 mars 2026 Galerie David Zwirner
Il suffit parfois de deux formes presque jumelles pour faire basculer une certitude. L’exposition que David Zwirner consacre à Josef Albers orchestre précisément ce trouble : un jeu d’échos, de glissements infimes, d’écarts millimétrés qui redéfinissent notre manière d’appréhender la couleur.
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