Nos images de l'exposition Mythologies, Niki de Saint Phalle à la galerie Mitterrand

GALERIE MITTERRAND
Jusqu'au 26 juillet 2025

 

6

Elle a inventé ses propres légendes, bâti ses propres temples, tiré sur ses démons à la carabine. Niki de Saint Phalle n’a jamais demandé la permission à l’histoire de l’art. Elle l’a réécrite, morceau par morceau, sculpture après sculpture, jusqu’à ce que ses monstres deviennent des alliés, que ses rêves de béton et de miroirs reflètent un monde où le féminin pouvait se faire gigantesque, guerrier, libre. À la Galerie Mitterrand, l’exposition Mythologie ravive cette puissance totémique, en rassemblant un ensemble d’œuvres de 1960 à 2000. Une traversée des symboles, des serpents et des archétypes, dans un parcours à la lisière du sacré et du jeu. Car les créatures de Niki ne sont jamais innocentes. Sous leurs couleurs joyeuses, elles charrient les peurs de l’enfance, les blessures de l’histoire, les questions métaphysiques. Le serpent, par exemple, y est omniprésent. Figure ambiguë, ambivalente, incarnation du mal et de la renaissance, il est pour l’artiste une matière de réconciliation : "En fabriquant moi-même des serpents, j’ai pu transformer en joie la peur qu’ils m’inspiraient." C’est là toute sa méthode : transfigurer la terreur en fête, l’angoisse en volume, le mythe en matière.

L’exposition présente plusieurs œuvres issues de son œuvre fondatrice, le Jardin des Tarots, cette cathédrale païenne qu’elle a édifiée en Toscane comme on érige une vie en sculpture. Y apparaissent L’Arbre-serpents, Le Pendu, L’Impératrice ou encore Adam and Eve : des figures monumentales, déclinées ici en modèles réduits, mais intactes dans leur intensité. Il ne s’agit pas de rejouer les mythes antiques mais de les habiter à nouveau, de les soumettre à l’intime, au féminin, à la blessure. Ses récits puisent autant dans la Grèce antique que dans le Tarot de Marseille, le bestiaire médiéval, les figures de l’ésotérisme ou les rêves d’enfant. Chaque œuvre agit comme un talisman, une tentative de faire monde avec les moyens de l’art.

Niki ne raconte pas la mythologie : elle l’invente. Elle sculpte ses propres monstres pour mieux les apprivoiser, redonne à l’imaginaire populaire une charge politique, une profondeur charnelle, une architecture mentale. Et sous le miroir des Nanas, sous l’éclat rieur des mosaïques, demeure la force d’une œuvre née pour affronter, guérir, sublimer.

GALERIE MITTERRAND – SAINT-HONORÉ
Jusqu’au 26 juillet 2025
95 rue du Faubourg Saint-Honoré, 75008 – M° Miromesnil (9, 13)
Du mar. au sam. de 11h à 19h – Fermé dim. et lun.
Entrée libre
 
GALERIE MITTERRAND – TEMPLE
Jusqu’au 26 juillet 2025
79 rue du Temple, 75003 – M° Rambuteau (11)
Du mar. au sam. de 11h à 19h – Fermé dim. et lun.
Entrée libre


Vous aimerez aussi…

Tracey Emin, I will miss you Yesterday - I will miss you Today - I will miss you Tomorrow
  • Gratuit
  • Contemporain

Les grands noms de l’art à voir gratuitement dans les galeries parisiennes

GALERIES PARISIENNES
Du 18 octobre au 15 novembre 2026

Calder, Tracey Emin, Lee Krasner, Anish Kapoor : pendant la semaine la plus chère de l’année pour l’art, les galeries parisiennes alignent des signatures de musée et n’en demandent pas un euro.

Exposition Brandon Gercara et Maïssane Alibrahimi à la Ferme du Buisson
  • Contemporain
  • Gratuit

Exposition Brandon Gercara et Maïssane Alibrahimi à la Ferme du Buisson

CENTRE D’ART CONTEMPORAIN DE LA FERME DU BUISSON
Du 10 octobre 2026 au 24 janvier 2027

Brandon Gercara fait danser ensemble le maloya réunionnais et le voguing new-yorkais, et invente un mot pour ça : le vogoya. La Ferme du Buisson lui consacre Destin Vogoya, et donne en regard sa première exposition personnelle à Maïssane Alibrahimi.

Exposition Elmgreen & Dragset, Les Fous d’En Face, à la galerie Max Hetzler
  • Contemporain
  • Gratuit

Exposition Elmgreen & Dragset, Les Fous d’En Face, à la galerie Max Hetzler

GALERIE MAX HETZLER
Du 19 octobre au 16 décembre 2026

Elmgreen & Dragset occupent d’un coup les deux adresses de la galerie Max Hetzler, qui se regardent de part et d’autre de la rue du Temple. Le duo scandinave y installe ses décors qui mentent, et le titre fait le reste.

Ron Mueck, En Garde, 2023
  • Contemporain
  • Gratuit

Exposition FEAR, Art in the Age of Anxiety, à la galerie Thaddaeus Ropac Pantin

THADDAEUS ROPAC PANTIN
Du 7 novembre 2026 au 6 février 2027

Du 7 novembre 2026 au 6 février 2027, Thaddaeus Ropac Pantin réunit sous le titre FEAR, Art in the Age of Anxiety des artistes que la peur rassemble, de Joseph Beuys à Ron Mueck.