Les grands noms de l’art à voir gratuitement dans les galeries parisiennes
GALERIES PARISIENNES
Du 18 octobre au 15 novembre 2026
Calder, Tracey Emin, Lee Krasner, Anish Kapoor : pendant la semaine la plus chère de l’année pour l’art, les galeries parisiennes alignent des signatures de musée et n’en demandent pas un euro.
Retrouvez nos autres coups de cœur dans notre top des nouveautés de la semaine.
CALDER : FRANÇOIS PREMIER, CHEZ HAUSER & WIRTH
Une coïncidence a déclenché cet accrochage : Hauser & Wirth occupe un hôtel particulier de la rue François 1er, et François Premier est précisément le nom que Alexander Calder avait donné à sa maison de Saché, où il s’installa après vingt ans d’absence de la France. Le rez-de-chaussée accueille Les Granettes, grand mobile sur pied que le public n’a pas revu depuis soixante-douze ans, tandis que The Putney Mobile fait ses débuts européens au-dessus de lui. L’étage réunit les encres et les gouaches nées dans un garage du pays d’Aix, que le sculpteur jugeait alors sa vraie invention.
HAUSER & WIRTH, 8e
Du 19 octobre au 19 décembre 2026
Entrée libre
TRACEY EMIN À LA GALERIE WHITE CUBE
Tracey Emin donne à cet ensemble un titre qui est une phrase entière, répétée comme une litanie de deuil, et la peinture qui l’accompagne porte la même insistance. L’artiste britannique travaille le corps, la perte et le désir depuis trente ans sans jamais lisser son geste. Trois bronzes monumentaux prolongent l’accrochage à ciel ouvert, sur le parvis des Droits-de-l’Homme, face à la tour Eiffel.
WHITE CUBE, 8e
Du 20 octobre au 18 décembre 2026
Entrée libre
LEE KRASNER, WORKS FROM THE 1960S, À LA GALERIE GAGOSIAN
Il a fallu attendre pour que la France consacre enfin une personnelle à Lee Krasner, et c’est une galerie qui s’en charge. Longtemps réduite au rôle d’épouse de Jackson Pollock, la peintre américaine avait pourtant inventé une abstraction à elle, plus charpentée, plus lente, où la couleur se construit par blocs. Les toiles et les œuvres sur papier réunies ici viennent de la décennie où elle travaillait le plus grand format.
GAGOSIAN, 8e
Du 19 octobre au 18 décembre 2026
Entrée libre
ANISH KAPOOR CHEZ MENNOUR
Le rouge, chez Anish Kapoor, n’est pas une couleur mais une matière : il l’empile, le creuse, le laisse saigner hors du cadre. Le sculpteur britannique revient rive gauche avec un ensemble qui joue de cette épaisseur, entre reliefs chargés et surfaces qui absorbent la lumière au point de sembler trouer le mur.
MENNOUR, 6e
Depuis le 13 octobre 2026
Entrée libre
DAN FLAVIN, EUROPEAN COUPLES, À LA GALERIE GAGOSIAN DU BOURGET
Neuf œuvres, et jamais réunies en France : la série des European Couples occupe en entier les volumes du Bourget, où les angles de néon de Dan Flavin fonctionnent comme des pièges à lumière. Chaque pièce associe deux tubes fluorescents dans un coin et porte en dédicace le nom d’un couple d’amis. La couleur s’y comporte en architecte, mangeant les arêtes du mur jusqu’à les faire disparaître.
GAGOSIAN, LE BOURGET
Du 18 octobre 2026 au 3 avril 2027
Entrée libre
BRUCE NAUMAN ET TACITA DEAN À LA GALERIE MARIAN GOODMAN

Deux générations se répondent chez Marian Goodman, et le rapprochement n’a rien d’arbitraire : Tacita Dean et Bruce Nauman partagent le goût du temps qui passe à l’écran, de la pellicule qui tourne et du geste répété jusqu’à l’absurde. L’Américain a fait de l’atelier un terrain d’expériences physiques, la Britannique filme des nuages, des falaises et des éclipses en seize millimètres. Mis côte à côte, leurs films obligent à ralentir.
GALERIE MARIAN GOODMAN, 3e
Du 19 octobre au 19 décembre 2026
Entrée libre
ELMGREEN & DRAGSET, LES FOUS D’EN FACE, À LA GALERIE MAX HETZLER

Michael Elmgreen et Ingar Dragset fabriquent des décors trop crédibles pour être innocents : une piscine vide, un vigile endormi, une boutique qui n’ouvrira jamais. Le duo, que le musée d’Orsay avait invité à déranger ses salles, occupe cette fois les deux espaces de la rue du Temple, et son titre dit assez le jeu de regards. Leur humour froid sert toujours le même propos, sur ce que l’architecture et le mobilier imposent aux corps.
GALERIE MAX HETZLER, 4e
Du 19 octobre au 16 décembre 2026
Entrée libre
MICHELANGELO PISTOLETTO, PRIMA E DOPO L’ARTE POVERA, À LA GALLERIA CONTINUA
Michelangelo Pistoletto a quatre-vingt-treize ans et continue de déplacer son miroir. Le peintre italien, qui avait mis le spectateur dans le tableau dès ses Quadri specchianti, retrace soixante-dix ans de recherche, de la naissance de l’Arte Povera à ses pièces les plus récentes mêlant lumière, couleur et codes QR. L’accrochage s’accompagne de Mirror of Eternity : le visiteur dépose son portrait, une intelligence artificielle le fusionne avec celui d’un inconnu, et un visage qui n’a jamais existé naît sous ses yeux.
GALLERIA CONTINUA, 3e
Du 16 octobre 2026 au 16 janvier 2027
Entrée libre
OSCAR MURILLO, UNFINISHED THINKING, À LA GALERIE DAVID ZWIRNER
Oscar Murillo peint comme on gratte une surface jusqu’à la faire céder, par couches sombres, coutures et toiles recousues. Le Turner Prize a consacré ce travail né entre la Colombie et l’Angleterre, où la migration n’est pas un sujet mais une manière de fabriquer l’image. À côté des peintures, ses Social Maps rassemblent des dessins d’enfants collectés dans des écoles du monde entier.
DAVID ZWIRNER, 3e
Du 19 octobre au 19 décembre 2026
Entrée libre
GIORGIO MORANDI, UN LIEU DE L’INFINI, À LA GALLERIA D’ARTE MAGGIORE
Giorgio Morandi a passé sa vie à peindre les mêmes bouteilles, et c’est précisément ce qui le rend inépuisable. La galerie bolonaise qui défend son œuvre depuis des décennies confronte ses natures mortes à celles de Josef Albers, Lucio Fontana et Lee Ufan, autant de manières d’arriver au silence par la répétition. Arman et César signent les hommages qui ferment le parcours.
GALLERIA D’ARTE MAGGIORE G.A.M., 7e
Du 6 octobre au 5 novembre 2026
Entrée libre
ROBERT INDIANA, ALCHEMY, À LA GALERIE ALMINE RECH

Tout le monde connaît le LOVE de Robert Indiana sans connaître le peintre, et Alchemy répare un peu cette injustice. L’Américain empruntait aux enseignes, aux pochoirs de ferme et aux panneaux routiers un vocabulaire de chiffres et de lettres qu’il chargeait de symboles personnels. Les toiles rassemblées montrent un travail plus mystique qu’il n’y paraît, où le mot sert d’incantation.
ALMINE RECH, 3e
Du 17 octobre 2026 au 23 janvier 2027
Entrée libre
YINKA SHONIBARE, THE WIND, THE EARTH AND THE FIRE, CHEZ MENNOUR
Le wax que Yinka Shonibare utilise depuis toujours n’a rien d’africain à l’origine : fabriqué par les Hollandais, vendu en Afrique de l’Ouest, il est devenu un symbole d’identité par un détour colonial que l’artiste britannico-nigérian ne cesse d’exposer. Ce tissu habille ici des corps sans tête et des globes terrestres, entre élégance de salon et violence historique.
MENNOUR, 6e
Depuis le 13 octobre 2026
Entrée libre
RUDOLF STINGEL À LA GALERIE GAGOSIAN
Une seule toile occupe la galerie de la rue de Castiglione, et le dispositif fait partie de l’œuvre. Rudolf Stingel y peint le profil de New York, sujet rebattu que l’Italien traite comme Morandi ses bouteilles ou Canaletto ses canaux, en pariant sur la force du déjà-vu. L’accrochage d’une pièce unique transforme la visite en face-à-face.
GAGOSIAN, 1er
Du 22 octobre 2026 au 9 janvier 2027
Entrée libre
THOMAS HOUSEAGO ET THÉO MERCIER À REIFFERS INITIATIVES

Thomas Houseago a passé plusieurs semaines à travailler sous la verrière de la fondation, et rien n’a été rangé : l’atelier reste tel quel, copeaux compris, ouvert au public. Le sculpteur britannique y montre aussi des pièces récentes, dont un hibou de bronze monumental et l’un de ses masques. Au rez-de-chaussée, Théo Mercier déploie les objets trouvés et les sculptures en cours de son propre atelier parisien, non pour le reproduire mais pour en donner la carte mentale.
REIFFERS INITIATIVES, 17e
Du 23 octobre au 12 décembre 2026
Entrée libre
LEE BAE, ATTENDING, À LA GALERIE PERROTIN
Lee Bae ne travaille qu’avec du charbon de bois, brûlé dans les montagnes de son village natal, et cette contrainte unique lui a suffi pour bâtir une œuvre entière. Le Coréen, installé en France depuis plus de trente ans, tire du noir des traits qui tiennent du geste calligraphique autant que de la sculpture. Attending rassemble ces surfaces où la lumière vient se poser sans jamais glisser.
PERROTIN, 3e
Du 17 octobre au 19 décembre 2026
Entrée libre
WARHOL, BASQUIAT, HARING À L’OPERA GALLERY
Les trois se sont fréquentés, admirés et parfois peints ensemble, à un moment où le downtown new-yorkais tenait lieu d’atelier commun. Opera Gallery réunit Andy Warhol, Jean-Michel Basquiat et Keith Haring autour de cette amitié de travail, celle des collaborations à quatre mains et des portraits croisés. Voir les trois noms dans la même pièce ne se produit presque jamais hors des musées.
OPERA GALLERY, 8e
Du 16 octobre au 18 novembre 2026
Entrée libre
RICK OWENS, FIVE EASY PIECES, À LA CARPENTERS WORKSHOP GALLERY

Rick Owens dessine du mobilier comme il taille ses vestes, dans le marbre, l’albâtre et le contreplaqué brûlé, et le résultat tient davantage de la sculpture votive que du salon. Five Easy Pieces réunit un ensemble réduit de pièces où le créateur américain pousse ses matières au bord de l’inconfort. La galerie ouvre le même jour un second accrochage consacré à onze céramistes japonais modernes, et le rapprochement des deux parcours se révèle plus juste qu’il n’y paraît.
CARPENTERS WORKSHOP GALLERY, 4e
Du 20 octobre 2026 au 15 mars 2027
Entrée libre
PIERRE JAHAN, RÉTROSPECTIVE, À LA GALERIE JEAN-FRANÇOIS CAZEAU

Pierre Jahan a photographié la fonte des statues parisiennes sous l’Occupation, et ces images de bronzes décapités restent parmi les plus terribles du siècle. La rétrospective que lui consacre Jean-François Cazeau déroule une carrière plus large, entre surréalisme, mode et chantiers, chez un photographe que l’histoire a surtout retenu pour une série. Le bicentenaire de la photographie lui donne enfin l’ampleur qui lui manquait.
GALERIE JEAN-FRANÇOIS CAZEAU, 3e
Du 24 octobre au 23 décembre 2026
Entrée libre
MILES ALDRIDGE, ENTRANCES AND EXITS, AU PARK HYATT PARIS-VENDÔME
Miles Aldridge photographie des femmes aux couleurs saturées, figées dans des intérieurs trop parfaits, et l’inquiétude vient précisément de cette perfection. Le Britannique, formé à l’illustration avant de passer à la mode, compose chaque image comme un plan de cinéma. Entrances and Exits se déploie dans le hall, les couloirs et le café de l’hôtel.
PARK HYATT PARIS-VENDÔME, 2e
Du 19 octobre au 1er décembre 2026
Entrée libre
GÉRARD GAROUSTE, BRISURE, À LA GALERIE TEMPLON
Gérard Garouste peint des corps étirés, des ânes et des figures bibliques dans une langue qui n’appartient qu’à lui, et Brisure dit déjà ce qui se fêle. Le peintre français, qui a fait de sa propre histoire familiale et de ses crises la matière de son travail, revient chez Templon avec un ensemble inédit. Une conversation publique accompagne l’ouverture.
TEMPLON, 3e
Du 5 novembre au 30 décembre 2026
Entrée libre
PIERRE ET GILLES, ROSE POUR TOI, ROSE POUR MOI, À LA GALERIE TEMPLON
Cinquante ans de travail à quatre mains, cela se fête en rose. Pierre et Gilles photographient, peignent et mettent en scène leurs modèles dans des décors construits à la main, où le kitsch assumé sert de politesse à des sujets souvent graves. Leur anniversaire ferme ce parcours par le duo le plus reconnaissable de l’image française.
TEMPLON, 3e
Du 7 novembre au 30 décembre 2026
Entrée libre
Nos galeries partenaires
SERGE NAJJAR, À L’INSTANT T, À LA GALERIE LAHUMIÈRE
Serge Najjar a appris la photographie en autodidacte, à Beyrouth, et il n’a jamais cessé de chercher la géométrie dans la ville. Ses images isolent un pan de mur, une ombre portée, une silhouette qui traverse le cadre au bon moment, jusqu’à faire basculer le réel vers l’abstraction. À l’instant T tient tout entier dans ce déclenchement.
GALERIE LAHUMIÈRE, 3e
Du 17 octobre au 19 décembre 2026
Entrée libre
PIETRANTONIO PAOLINO D’ERRICO, ABST/RETS ENTRE LES MAILLES DU MONDE, À LA GALERIE FAIDHERBE
Pietrantonio Paolino D’Errico travaille le fil, la maille et le nœud, et son titre joue de la coupure du mot abstrait. L’artiste italien tend des réseaux où le vide compte autant que la ligne. Après les grandes maisons du 8e, le changement d’échelle fait partie du plaisir.
GALERIE FAIDHERBE, 11e
Du 15 octobre au 14 novembre 2026
Entrée libre
Derniers jours
ANSELM KIEFER, NYMPHÄUM, À LA GALERIE THADDAEUS ROPAC DE PANTIN
Anselm Kiefer construit des tableaux qu’il faut presque escalader du regard, chargés de plomb, de paille, de cendre et de terre. Nymphäum emprunte son titre aux fontaines antiques et travaille l’eau, la végétation et la ruine dans de très grands volumes, les seuls de la région capables d’accueillir ce format. L’accrochage ferme dans les jours qui viennent.
THADDAEUS ROPAC, PANTIN
Jusqu’au 25 octobre 2026
Entrée libre
GÜNTHER UECKER, VERLETZTES FELD, À LA GALERIE THADDAEUS ROPAC
Günther Uecker plantait des clous dans le bois par milliers, jusqu’à obtenir des champs blancs qui changent avec la lumière rasante. L’Allemand appartenait au groupe ZERO, qui voulait repartir de rien après la guerre. Verletztes Feld, le champ blessé, concentre cette violence douce, et l’accrochage s’achève bientôt.
THADDAEUS ROPAC, 3e
Jusqu’au 31 octobre 2026
Entrée libre
CHIHARU SHIOTA AU SHANGRI-LA
Chiharu Shiota tisse des milliers de fils jusqu’à remplir une pièce entière, et le visiteur traverse ces réseaux comme on entre dans un corps. L’artiste japonaise, installée à Berlin, y suspend souvent des objets trouvés, clés, valises, barques, qui portent la mémoire de ceux qui les ont tenus. L’installation se visite sans payer, ce qui n’est pas rien dans la semaine la plus chère de l’année.
SHANGRI-LA, 16e
Jusqu’au 27 octobre 2026
Entrée libre






















