On a vu, on a adoré ! Berthe Weill, Galeriste d’avant-garde au Musée de l'Orangerie

Musée de l'Orangerie
Du 8 octobre au 26 janvier 2026 

 

8

Elle a donné leur chance à Picasso, Matisse, Modigliani. Et pourtant, son nom ne figure dans aucun manuel. Berthe Weill, marchande visionnaire, n’a pas bâti d’empire, mais ouvert des portes. Sans fortune, sans appui, sans galerie clinquante, elle a fait de Pigalle un foyer incandescent de la modernité. Cent ans plus tard, le Musée de l’Orangerie lui rend justice dans une exposition coup-de-poing, bouleversante d’intelligence, qui retrace quarante ans d’engagement au service de l’art de son temps.

C’est une galerie qui change de nom mais pas d’âme : 25 rue Victor-Massé, 50 rue Taitbout, 46 rue Laffitte, puis rue Saint-Dominique… À chaque adresse, Berthe Weill recommence, expose, vend, défend. Ses vitrines voient passer les fauves, les cubistes, les solitaires. Des artistes dont elle ne partage pas toujours les idées, mais dont elle devine l’élan. Elle ne cherche pas à enfermer l’avant-garde dans des cases, elle en épouse le désordre. Il y a chez elle une foi tenace dans le pouvoir du regard neuf.

Elle promeut les femmes comme les hommes, avec la même ardeur, fidèle à ses combats – contre le conservatisme, contre l’antisémitisme rampant, contre l’élitisme qui tenaille déjà le marché. Une centaine d’œuvres, prêtées par les plus grandes collections, racontent ici l’histoire de cette galerie de poche devenue matrice d’avant-garde. On y retrouve les visages familiers de l’École de Paris, mais aussi ceux qu’on avait oubliés : Émilie Charmy, exposée de 1905 à 1933, Suzanne Valadon, Hermine David, Otto Freundlich…

L’exposition trace le portrait d’une femme au flair inouï, d’une galeriste qui faisait de l’intuition un manifeste. Berthe Weill écrivait ses mémoires en 1933 sous un titre coup de feu : Pan ! Dans l’œil… Un cri, une formule, une cible. Il aura fallu attendre près d’un siècle pour que le monde de l’art lui réponde enfin. Ce n’est pas une réhabilitation, c’est un retour. Majestueux, mérité, lumineux.

Musée de l'Orangerie
Du 8 octobre au 26 janvier 2026
Tous les jours sauf mardi, de 9h à 18h. Le ven. jusqu’à 21h.
Tarif : 12,50 € - TR : 10 € - Gratuit -26 ans 


Vous aimerez aussi…

L'Ours Copyright Marianne Rosensthiel
  • Incontournable
  • Cinéma

Le chantier invisible à la Fondation Jérôme Seydoux-Pathé

Fondation Jérôme Seydoux-Pathé
Jusqu’au 31 octobre 2026

Maquettes, repérages et storyboards : la Fondation Pathé révèle 50 ans de préparation des films de Jean-Jacques Annaud.

Capture d’écran 2026-05-29 143754
  • Incontournable

Gustave Fayet : le coup d'audace de la Fondation Louis Vuitton

Fondation Louis Vuitton
8 avenue du Mahatma Gandhi, Bois de Boulogne, 75116 Paris

Le 9 octobre 2026, la Fondation Louis Vuitton réunit, un siècle après leur dispersion, les trésors d'un collectionneur français oublié : Gustave Fayet.

Abraham Ortelius Theatrum orbis terrarum : Islandia ;  Islande (carte illustree avec des monstres marins).
  • Découverte
  • Classique

Cartes imaginaires, L’autre chemin vers le réel ?

Du 24 mars au 19 juillet 2026
Bibliothèque nationale de France - site François-Mitterand

Les cartes n’ont jamais seulement servi à se repérer. Elles ont aussi permis de rêver, d’inventer, de projeter des mondes désirés ou redoutés.

capture-decran-2025-12-19-110122
  • Découverte
  • Insolite

Restos & Rooftops éphémères de l’hiver

Paris dissimule des lieux qu’on ne dévoile qu’à voix basse : bulles perchées au-dessus des toits, chalets cachés derrière des jardins d’hôtel, terrasses secrètes comme des refuges hors du temps.