Karen Swami à la Galerie Minsky

GALERIE MINSKY
Du 5 juin au 18 juillet 2026

HANA IS THE NEW KINTSUGI
Karen Swami

 

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Le Kintsugi, au Japon, est cet art millénaire qui consiste à recoller les céramiques brisées avec une laque saupoudrée d'or : la blessure devient ornement, la cicatrice devient signature. Karen Swami – figure incontournable de la céramique contemporaine française – prolonge cette philosophie par un geste d'une liberté inédite. Dans Hana is the new Kintsugi (« hana » signifie « fleur » en japonais), ce n'est plus la poudre d'or qui souligne la faille, ce sont des fleurs de porcelaine modelées à la main qui viennent y éclore.

C'est en 2010, auprès de Martine Rey, que Karen Swami a appris les gestes du kintsugi. Elle n'en a jamais fait un dogme : ses terres enfumées, aux surfaces presque minérales, évoquaient déjà les sols volcaniques et désertiques où seuls les végétaux les plus tenaces s'enracinent. Avec cette nouvelle série, la métaphore devient littérale. Dans les fissures naturelles de ses pièces germent des bouquets de roses, de genêts, de tamaris – fleurs semées comme une promesse, fragiles et précises, qui s'adaptent à un terrain rude et finissent par le transformer. La tension est délicieuse.

Les formes de Karen Swami restent celles d'une épure radicale, héritée de toute une tradition moderniste de la céramique – bols, jarres, volumes essentiels. Mais là où la ligne se rompt, une exubérance toute rocaille prend le relais : feuillages, pétales, compositions presque XVIII qui rappellent que la France eut sa révolution du goût en même temps qu'elle codifiait l'esthétique du galbe. Le contraste entre les deux registres, loin de se neutraliser, produit une poésie. Il dit quelque chose de simple et de fondamental : réparer ne consiste pas à dissimuler le manque, mais à l'accueillir comme un commencement.

 

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Le saviez-vous ?
Le kintsugi, « jointure d'or », apparaît au Japon autour du XV siècle. La légende veut que le shogun Ashikaga Yoshimasa, contrarié par la piètre réparation chinoise d'un bol à thé, ait demandé à ses artisans une méthode plus noble : la laque urushi mêlée de poudre d'or. D'une solution de compromis naissait une philosophie : l'objet abîmé ne perd pas de valeur, il en acquiert une autre. Karen Swami, qui a étudié cette technique en 2010 auprès de Martine Rey, la déplace aujourd'hui vers le végétal – autre manière d'honorer la brisure.

GALERIE MINSKY
Du 5 juin au 18 juillet 2026
37 rue Vaneau, 75007
M° Sèvres-Babylone (10, 12)
Du mar. au sam. 10h30-19h
Fermé le lun. et dim.
Entrée libre