Daniel Brush : L'art de la ligne et de la lumière

École des Arts Joailliers
Du 8 juin au 4 octobre 2026

 

1

Un grain d'or de dix microns, posé sur une surface d'or, soudé sans qu'aucune trace ne reste visible : la technique s'appelle la granulation, les orfèvres étrusques la maîtrisaient il y a deux mille cinq cents ans, puis l'Europe l'a oubliée.

Un seul homme, au XXᵉ siècle, a décidé de la réapprendre – seul, sans maître, dans un atelier du sud de Manhattan. Il s'appelait Daniel Brush. L'Américain – peintre de formation, natif de Cleveland – avait trente et un ans en 1978 lorsqu'il choisit de disparaître de la vie publique. Pas de galerie, pas d'exposition, pas de commande. Quarante-quatre ans de silence, au milieu du marché de l'art le plus bruyant du monde.

Son retrait devient une obsession. Brush s'est mis à reconstituer la granulation par essais, par tâtonnements, par reconstitutions – fabriquant ses propres outils, restaurant lui-même ses tours ornementaux, poussant la méthode jusqu'à un point qu'aucun atelier contemporain n'a depuis égalé. L'œuvre suit : bijoux en or, en acier, en diamant, peintures, sculptures – toutes sans dessin préparatoire, sans assistant, sans acheteur prévu.

Quatre ans après sa mort, L'École des Arts Joailliers présente la plus vaste exposition jamais consacrée à Brush : soixante-quinze pièces sortent de son atelier pour la première fois. Le parcours refuse la chronologie et préfère poser les questions que l'artiste se posait à lui-même. Un bijou doit-il être porté ? Peut-il exister comme objet à tenir ? Brush y répondait en sculptant des objets précieux que personne ne lui avait commandés, selon une technique que personne ne pratiquait, à l'intention de personne en particulier. Ce sont peut-être les plus libres des objets qui soient.

ÉCOLE DES ARTS JOAILLIERS
Du 8 juin au 4 octobre 2026
16 bis bd Montmartre, 75009 - M° Richelieu-Drouot (8/9)
Du mar. au dim. 11h-19h, jeu. jsq. 20h30 - Fermé le lun.
Entrée libre


Vous aimerez aussi…

BACON_1986.0003_CRP
  • Gratuit
  • Découverte

Francis Bacon à la galerie Gagosian

Galerie Gagosian
Jusqu'au 30 mai 2026

Trois tableaux. Trois corps tordus sur des fonds saturés de couleur. C'est tout – et c'est immense.

AKI_3235_72dpi_1
  • Gratuit
  • Contemporain

Nymphaüm par Anselm Kiefer

Galerie Thaddaeus Ropac de Pantin
Du 25 avril au 25 octobre 2026

De l'or, des lianes, des nymphes. Personne n'attendait Anselm Kiefer sur ce terrain-là – celui de la grâce classique, des divinités aquatiques

14_Ladji Diaby MG_0617
  • Gratuit
  • Contemporain

Exposition de Ladji Diaby, Who’s Gonna Save The World ? à Lafayette Anticipations

LAFAYETTE ANTICIPATIONS
Du 1er avril au 19 juillet 2026

Qui va sauver le monde ? Certainement pas Ladji Diaby. Et surtout pas de la manière attendue. Ici, l’artiste ne brandit ni slogan écologique ni prophétie politique. Il arrive après la tempête. Quand le décor est déjà fissuré, quand les récits rassurants ont cessé de fonctionner. Son installation ressemble à un après-coup : un monde fait de restes, de fragments, d’objets chargés de vies antérieures. Rien n’est neuf. Tout a déjà servi. Et c’est précisément là que quelque chose recommence. Diaby travaille avec ce qu’il trouve, au sens littéral. Des objets issus de sa maison familiale à Ivry-sur-Seine, des fragments abandonnés, des traces de pop culture, des reliques de rituels, des éléments intimes déplacés d’une vie à l’autre.

A Kazakh Tradition
  • Gratuit
  • En famille

Exposition Fragilités et Résiliences, de Thibault Gerbaldi, au Jardin du Luxembourg

GRILLES DU JARDIN DU Luxembourg
jusqu'au 19 juillet

Les icebergs se fissurent. Les déserts avancent. Les rivières changent de lit. Ce que photographie Thibault Gerbaldi, c’est le mouvement, l’impermanence, la transformation. Du Groenland à la Namibie, de l’Islande à la Mongolie, ses images mettent en regard deux forces : celle des paysages, immenses, en mutation constante, et celle des êtres humains, minuscules à l’échelle géologique, mais étonnamment résistants.