Galerie Lelong & Co Du 30 novembre 2017 au 20 janvier 2018
Du 30 novembre 2017 au 20 janvier 2018 - Galerie Lelong //
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La noche se agita
C’est le flux de la nuit qui coule dans les toiles du peintre espagnol Juan Uslé. On entendrait presque le bruit d’une mer sous la lune et le clapotis obscur d’une vague contre le sable. Chacun verra ce qu’il veut dans ces morceaux de ténèbres ondoyants, peints avec une lenteur délibérée. Juan Uslé vit la peinture comme une transe solitaire, et il peint souvent en pleine nuit, avec pour seule musique les battements de son cœur et en tête les bribes des lectures qui l’inspirent. L’artiste impose son rythme à la peinture et s’applique à prendre le temps. Sur de grands formats ou au contraire sur de toutes petites surfaces, sa signature est reconnaissable d’un coup d’œil. Après avoir exposé au Tate Modern ou encore au musée de la Reina Sofia, il expose cet hiver à la Galerie Lelong deux immenses toiles bleues ou bicolores aux noms de fleuves accompagnées d’une série intitulée “Soñé que revelabas” et d’un ensemble de petites toiles.
After exhibiting at the MNAM, the Tate Modern and the Reina Sofia Museum, Juan Uslé exhibits in the Lelong Gallery two huge blue or two-colored paintings named after rivers accompanied by a series entitled "Soñé que revelabas"
Vous êtes observés. Pas par une caméra de surveillance. Par une œuvre qui vous répond. Ici, le trouble règne en maître. Certaines œuvres donnent la parole à des intelligences artificielles qui s’adressent à nous avec une étrange familiarité. D’autres transforment des images intimes en données exploitables, des récits personnels en protocoles. Le malaise ne vient pas d’un discours, mais d’une reconnaissance immédiate : ces situations, on les connaît.
Entrez dans l’atelier. Pas celui du peintre, ni celui du sculpteur. Celui de l’art en train de se faire. Dès l’entrée, une guitare électrique donne le ton. Dessinée par le designer et musicien Jacques Averna, elle a l’air ludique, presque légère. Elle est tout l’inverse. Sa forme entrave le jeu, déplace la posture, oblige le musicien à négocier avec l’objet.
À presque 90 ans, Larry Poons peint toujours comme on plonge. Sans filet. Figure majeure de l’abstraction américaine, révélé dans les années 1960 aux côtés de Frank Stella et exposé très tôt au MoMA, Poons n’a jamais cessé de se défaire de ce qui l’avait rendu célèbre.