Villeneuve-lez-Avignon - Pauline Bazignan : De mémoire

Fort Saint-André de Villeneuve-lez-Avignon
Jusqu'au 22 septembre 2019

Et si l’on remontait un peu les aiguilles du temps ? Direction le majestueux Fort Saint-André, à Villeneuve-lez-Avignon, une cité royale commanditée au XIIIe siècle par le roi de France Philippe le Bel pour affirmer sa puissance. Un lieu d’histoire remarquable classé monument historique depuis plus d’un siècle, et qui nous offre aujourd’hui encore depuis le chemin de ronde, une vue imprenable sur les Alpilles, le Mont Ventoux ou le Palais des Papes d’Avignon.

Un lieu médiéval qui sied à merveille à Pauline Bazignan, invitée en ses murs historiques, elle qui consacra ses premières œuvres au thème de Saint-Georges terrassant le dragon, d’après des histoires que lui racontait sa mère, étant enfant. « Histoire », « mémoire », « imaginaire », trois mots qui définissent remarquablement le travail de Pauline Bazignan. Sur ses toiles se dessinent des cercles de couleurs qui peuvent aussi bien évoquer des fleurs tout juste écloses, une galaxie, les cycles de la vie. Toujours, une coulure, ou plusieurs, qui viennent fendre la surface. Un accident qui sème le doute, une fuite, une échappée belle ou une blessure ? L’artiste aime nous interroger sur ce qui est caché, sur l’envers du décor, ce qui échappe à notre regard, et à l’emprise du temps. Ce qui n’est plus et qui a été. Une planète devenue météorite, des pétales sans la fleur, un cycle de vie rompu. L’artiste s'est imprégnée de l'histoire du lieu, de son atmosphère, de ses silences et de ses secrets… Ses toiles sont les fragments d’une histoire qu’elle nous laisse composer. Comme ce célèbre tableau du Louvre, la « Bataille de San Romano » par Uccello, qu’elle revisite de « mémoire ».

Dans la salle des prisonniers, dite salle des graffitis en référence aux gravures laissées par les détenus sur les murs et le sol, l’artiste dépose des plaques de verre en écho aux traces du passé et nous invite ainsi à mieux regarder ce qui nous entoure, pour découvrir les dessins gravés par prisonniers et soldats, un plat, un cœur, un symbole… Protégées par ces plaques ou enfermées par ces dernières, observez ses céramiques granuleuses, blanchies et brûlées de l’intérieur, des écorces d’orange dont il ne reste que l’empreinte, ce qui a existé mais qui n’est plus. Là encore l’artiste nous invite à chercher la face cachée des choses, à regarder de l’ « intérieur ».

Une magnifique manière de visiter cet édifice somptueux, cherchant le fil des œuvres, de la chapelle ornée de toiles aux couleurs et coulures de couleurs vives en résonnance avec les murs de pierre du monument, comme pour raviver sa mémoire, à la salle des Herses habitée par ses vidéos projetées sur les pierres médiévales, comme une manière d’y ajouter une couche d’Histoire, des escaliers de pierre aux salles percées d’un mince rayon de lumière passant à travers une meurtrière, des salles aux voûtes démesurées jusqu’au chemin de ronde à la vue panoramique époustouflante.

 

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Faites un bond de six siècles en arrière dans le majestueux Fort Saint-André de Villeneuve-lez-Avignon. Cette fortification peut se vanter de retenir des années d’histoire qui ont façonné la région, mais aussi la France. Saviez-vous que papes et cardinaux y avaient construit leurs villégiatures ? La cité royale est ici mise en valeur par l’artiste Pauline Bazignan et son exposition De mémoire. Sorcellerie et surnaturel habitent l’imaginaire de Pauline Bazignan ainsi que la notion d’espace d’évasion puisque ce lieu servait d’espace de garnison pour les soldats lors de la Seconde Guerre mondiale. A la lumière de ses œuvres, il est intéressant de voir que ce passé est surtout revisité par l’artiste. La salle des graffitis par exemple accueille des sculptures faisant écho aux traces gravées dans le sol par les soldats et prisonniers qui ont occupé l’espace. Pour ce faire, Pauline Bazignan a placé des plaques de verre pour entrer directement en lien avec les graffitis. Plus étonnant encore, les céramiques utilisées prennent la forme de l’intérieur d’une écorce d’orange pour symboliser « la trace de quelque chose qui a existé mais qui n’est plus ». Le charme de cette exposition réside donc dans sa faculté à matérialiser le passé par le biais de matériaux originaux et de couleurs alternant le bleu profond, le gris froid et l’orange sanguine. De quoi revigorer la mémoire d’un monument somptueux.

Un lieu d’histoire remarquable

Cette enceinte fortifiée – commanditée au XIIIe siècle par Philippe le Bel et réalisée 100 ans plus tard seulement sous Jean le Bon – est devenue au fil des siècles le symbole de la ville. Classé monument historique depuis plus d’un siècle, cet ensemble massif qui permettait au Roi de France d’affirmer sa puissance nous offre aujourd’hui une vue panoramique imprenable sur les Alpilles, le Mont Ventoux ou le Palais des Papes. Lors de votre visite, observez les vestiges des graffitis laissés par les détenus des XVIIIe et XIXe siècles, qui nous rappellent que le fort accueillait en son temps une prison, attardez-vous un instant dans la boulangerie, pénétrez dans la salle des herses, flânez sur le chemin de ronde…

 

FORT SAINT-ANDRÉ DE VILLENEUVE-LEZ-AVIGNON 
Jusqu'au 22 septembre 2019 
Rue Montée du Fort, 30400 Villeneuve-lez-Avignon


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