L'exposition Dali, l'Enigme sans fin en visite guidée à l'Atelier des Lumières

L'Atelier des Lumières
Du 19 mai 2021 au 2 janvier 2022

Pénétrez avec nous dans l’univers fabuleux de Dali, maître du Surréalisme qu’on a parfois tendance à réduire à son caractère extravagant et fantasque. Et pour être extravagant, ce spectacle de l’Atelier des Lumières l’est assurément. Nous pénétrons ici dans une forêt d’images animées, qui virevoltent autour de nous, comme si nous étions au cœur de l’esprit bouillonnant de l’artiste. Les images semblent jaillir de son inconscient, nous plongeant au cœur des motifs obsédants que Dalí emprisonne sur la toile. Ses toiles les plus emblématiques se déploient sur plus de 10 mètres de haut, révélant des détails insoupçonnés.

 

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On visualise sans peine l’homme à la moustache élancée, ses montres molles de La persistance de la mémoire ou son excentricité légendaire. Ce que l’on connaît moins, ce sont les coulisses de son processus créatif et les mécanismes de son esprit loufoque d’où ont émergé des formes et des couleurs sans pareilles. Grâce aux merveilles techno-logiques de l’Atelier des Lumières, soit un ensemble de 140 vidéo-projecteurs et une sonorisation spatialisée sur plus de 3000m2, vous serez immédiatement absorbé dans les paysages métaphysiques du peintre surréaliste : tandis que le noir se fait tout autour de vous et que résonnent les premières notes envoûtantes de Shine on You Crazy Diamonds des Pink Floyd, des fragments sombres se propagent sur les murs et un œuf mystérieux – symbole omniprésent dans ses créations – se met à flotter dans l’espace, duquel jaillit soudainement Dalí ! Aussitôt, vous êtes plongés dans une tempête de sable où se dessine peu à peu La charrette fantôme, dont la traversée poétique du désert nous ramène inéluctablement vers le rivage de son enfance catalane. Une entrée en matière spectaculaire, comme une seconde naissance, qui vous plonge d’emblée dans son univers fantasmagorique. Font suite à cette introduction immersive les œuvres illuminées de Dalí, qui se mettent magiquement en mouvement sur le sol et les murs de cette ancienne fonderie du XIXe siècle, laissant apparaître sous nos yeux ses moindres coups de pinceau et nous dévoilant tout le détail de la matière. Un enchaînement subtil de peintures, de dessins, de films et d’images d’archives inédites se déploie alors sur les parois, révélant les différentes facettes de l’artiste, de sa fascination pour Gala, sa femme et sa muse éternelle, à ses obsessions pour le surnaturel, la nature ou la nourriture. Vous traverserez ainsi les grandes périodes de sa vie d’artiste, de sa jeunesse académique à l’invention d’un style surréaliste unique, jusqu’au tournant tardif vers la peinture religieuse et mystique. Les images de son inconscient jaillissent de tous les côtés et l’immensité de l’Atelier incarne alors l’espace mental d’où surgissent ces images obsédantes que Dalí emprisonne sur la toile par sa méthode de l’image-double. Projetées sur plus de 10 mètres de haut, les toiles emblématiques du génie espagnol prennent une nouvelle dimension, révélant l’influence de grands peintres comme Vélasquez ou Michel-Ange, le tout enveloppé par la musique psychédélique et expérimentale des Pink Floyd qui fusionne à merveille avec l’imaginaire de Salvador Dalí.

 

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Focus sur… Personnage à la fenêtre, 1925

 

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Lorsque Dalí prend ici pour modèle sa jeune sœur Anna Maria, alors âgée de dix-sept ans, il n’a pas encore rencontré Elena, qui deviendra sa muse Gala, et qui est alors l’épouse de Paul Eluard. La silhouette du modèle, de dos et tournée vers l’horizon, tout comme la palette douce et légère, évoquent explicitement le Voyageur romantique de Friedrich. Pourtant, l’apparente chasteté du regard du frère se double du regard lubrique du peintre d’où transparaît le thème de l’inceste, qui éprouve l’artiste depuis la mort de sa mère en 1921 et transparaît à de nombreuses reprises dans ses tableaux.

Le saviez-vous ?

Si Dalí élabore un art radical et à rebours, il puise son inspiration et ses sujets chez les plus grands maîtres du classicisme : dans sa Réminiscence archéologique de l’« Angélus » de Millet (vers 1934), la référence est explicite, mais reconnaissez-vous dans sa Piéta (1958) la Lamentation sur le Christ mort de Mantegna (vers 1480) ?

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