Exposition anniversaire - La femme visible

Dalí Paris
Du 17 avril au 19 mai 2019

Dali Paris, la plus grande collection de France d’œuvres de l’illustre Salvador Dali, accueille en ses murs un artiste de renommée internationale, Pat Andrea, pour un dialogue inédit et intense avec le maître catalan… Ici nous sommes donc un peu chez Dali, déambulant entre ses œuvres surréalistes, profondément anticonformistes, hantées par la figure – et le corps – de la femme. Pour les Surréalistes, la femme est l’incarnation charnelle du désir, synonyme d’érotisme. On a tous en tête les mannequins dénudés de Dali ou les poses suggestives de Man Ray… Femme ultra sexualisée, profondément silencieuse, une muse qui sombre dans le mutisme. Telle une déesse intouchable, dépassant sa propre dimension corporelle, elle est l’adoration mystique personnifiée, docile et sans résistance, elle pose sans mot dire… ou presque. Car elle est le pivot central de toutes les créations, à commencer par la création originelle… Souvenons-nous de l’influence décisive de Gala sur le très insubordonné Dali… Autoritaire, iconoclaste et avant-gardiste, elle sculptera sa personnalité d’artiste,  domptera ses excentricités pour nourrir l’essence-même de son art.

Cette femme, muse influente, omniprésente et directive, est aussi celle qui nourrit l’imaginaire extraordinaire de Pat Andrea, invité de Dali Paris. Pat Andrea entretient avec Salvador Dali d’un demi-siècle son ainé, une étroite relation artistique. Comme Dali, il puise dans les codes classiques de la Renaissance pour les revisiter, faisant du spectateur un voyeur malgré lui. Mais leur lien va plus loin. Pat Andréa n’est pas un disciple mais véritablement un successeur.

Ces 50 années le feront passer du Surréalisme à l’Irréalisme, Pat Andrea étant considéré comme le porte-drapeau de la Nouvelle Subjectivité. Cet artiste virtuose qui reçut son premier prix à à peine 6 ans, a depuis été exposé dans les plus grandes villes du monde, Amsterdam, Milan, Madrid, Los Angeles et bien sûr Paris, à la FIAC ou au Centre Pompidou, jusqu’à cette exposition monographique chez Dali.

Dans ses œuvres, il revisite les contes et textes les plus subversifs, d’Alice au Pays des Merveilles à Casanova en passant par le ténébreux marquis de Sade. Son univers exalté est à la fois complexe et immédiat, empreint de violence, d’une sexualité crue et cruelle, et d’un romantisme morbide. Au début on s’arrêtera à une impression d’image fragmentée, perturbé par ses personnages démantelés, comme des poupées désarticulées, pas franchement rassurantes. Des positions suggestives, dérangeantes aussi. Mais prenez du recul, quittez un instant cette position de voyeur dans laquelle nous met l’artiste. Maintenant, pénétrez dans ces espaces géométriques, au cœur de ces scènes de théâtre vides, aux couleurs nettes et tranchées. Vous faites partie du scénario, c’est à vous d’écrire l’histoire qui reliera entre eux les figurants morcelés, c’est à vous de créer des assemblages dans ces méandres de l’inconscient où seul le déséquilibre semble régner. Une ode artistique à la liberté de créer, de voir et de rêver.

Nos photos de l'exposition :

 

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