Exposition Vieilles coques et jeunes récifs au FRAC Île-de-France
FRAC Île-de-France Du 16 mars au 21 juillet 2024
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En art, le corps se fait objet, support, matière. Tout devient permis : le sublimer, l’exploiter, le préserver des autres et parfois de nous-mêmes. Dans cette audacieuse double exposition, une trentaine de jeunes artistes investit la question de l’enveloppe charnelle, celle qui s’adapte, qu’on intoxique, qu’on souhaite dépasser, transformer, métamorphoser. Composant essentiel de la nature humaine, le corps est à la base de toute chose chez Bruno Botella qui s’est littéralement arraché les cheveux pour concevoir le moulage de son crâne. À l’inverse, d’autres artistes privilégient ici l’absence comme Prune Phi qui imagine une conversation invisible, silencieuse et dématérialisée entre les morts et les vivants. Le corps redevient poussière chez Alex Ayed, quand Hedwige Houben donne naissance à des formes incertaines, des sculptures de chair en perpétuelle mutation. Sans suivre une quelconque hiérarchie, les récits non linéaires s’emboîtent ici les uns avec les autres révélant un impressionnant corpus hétéroclite, flirtant parfois avec la science fiction, passant des toiles épiques et chatoyantes d’Ibrahim Meïté Sikely aux silhouettes organiques de Jeanne Vicerial.
FRAC ÎLE-DE-FRANCE LE PLATEAU Jusqu’au 21 juillet 2024
22 rue des Alouettes, 75019
Mer. au dim. 14h-19h, 03/04 et 15/05 jsq. 21h, fermé lun. et mar.
Entrée libre
LES RÉSERVES Jusqu’au 21 juillet 2024
43 rue de la Commune de Paris, 93230 Romainville
Du mer. au sam. 14h-19, les dim. 28.04, 26.05, 07.07 et 21.07 14h-19h
Entrée libre
Ils ont sauté avant de savoir voler. Avant les avions, avant les moteurs fiables, avant l’industrie, il y a ce moment précis : celui où l’on quitte le sol sans certitude de revenir entier. À Saint-Cloud, à la fin du XIXᵉ siècle, des femmes et des hommes montent dans des ballons, des dirigeables bricolés, des machines fragiles.
Vous êtes observés. Pas par une caméra de surveillance. Par une œuvre qui vous répond. Ici, le trouble règne en maître. Certaines œuvres donnent la parole à des intelligences artificielles qui s’adressent à nous avec une étrange familiarité. D’autres transforment des images intimes en données exploitables, des récits personnels en protocoles. Le malaise ne vient pas d’un discours, mais d’une reconnaissance immédiate : ces situations, on les connaît.
Entrez dans l’atelier. Pas celui du peintre, ni celui du sculpteur. Celui de l’art en train de se faire. Dès l’entrée, une guitare électrique donne le ton. Dessinée par le designer et musicien Jacques Averna, elle a l’air ludique, presque légère. Elle est tout l’inverse. Sa forme entrave le jeu, déplace la posture, oblige le musicien à négocier avec l’objet.
LAFAYETTE ANTICIPATIONS Du 1er avril au 19 juillet 2026
Qui va sauver le monde ? Certainement pas Ladji Diaby. Et surtout pas de la manière attendue. Ici, l’artiste ne brandit ni slogan écologique ni prophétie politique. Il arrive après la tempête. Quand le décor est déjà fissuré, quand les récits rassurants ont cessé de fonctionner. Son installation ressemble à un après-coup : un monde fait de restes, de fragments, d’objets chargés de vies antérieures. Rien n’est neuf. Tout a déjà servi. Et c’est précisément là que quelque chose recommence. Diaby travaille avec ce qu’il trouve, au sens littéral. Des objets issus de sa maison familiale à Ivry-sur-Seine, des fragments abandonnés, des traces de pop culture, des reliques de rituels, des éléments intimes déplacés d’une vie à l’autre.
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