Face à face, les figures se répondent, se fondent, se dédoublent. Dans sa nouvelle exposition à la Galerie Lelong, Marc Desgrandchamps poursuit sa méditation picturale sur le temps, la mémoire et la disparition.
Ici, un ensemble d’œuvres fragmente le réel comme dans un rêve lucide : deux silhouettes se confrontent, s’évanouissent, se traversent – et, dans cet entre-deux, l’espace se dérobe. L’artiste travaille cette porosité des lieux et des temporalités qui fait de sa peinture un territoire d’interférences. Les horizons s’y plissent, les couleurs s’y contredisent, les corps se dressent comme des survivances d’un événement indicible.
Dans Souvenir d’éléphant, l’une des œuvres majeures présentées, la monumentalité du sujet se heurte à une fragilité diffuse : celle d’un monde au lendemain d’une catastrophe invisible. Ces toiles, souvent baignées d’une lumière oblique, donnent le sentiment d’un instant fugitif – ce moment précis où un rayon traverse la surface d’une eau avant de disparaître. Desgrandchamps peint cet éclat, non comme un symbole, mais comme un effort pour retenir la seconde. La matière picturale elle-même devient mémoire, suspendue entre apparition et effacement. Une question demeure : que reste-t-il de l’image quand elle se regarde elle-même ?
GALERIE LELONG
Jusqu’au 20 décembre 2025
38 avenue Matignon, 75008 - M° Miromesnil (9 /13)
Du mar. au sam. 11h-19h
Entrée libre
Dix ans déjà que Bordeaux possède son vaisseau de verre et de lumière posé sur les quais. Dix ans que la Cité du Vin célèbre le monde dans un verre, les terroirs dans un récit, les saisons dans une…
LAFAYETTE ANTICIPATIONS Du 1er avril au 19 juillet 2026
Qui va sauver le monde ? Certainement pas Ladji Diaby. Et surtout pas de la manière attendue. Ici, l’artiste ne brandit ni slogan écologique ni prophétie politique. Il arrive après la tempête. Quand le décor est déjà fissuré, quand les récits rassurants ont cessé de fonctionner. Son installation ressemble à un après-coup : un monde fait de restes, de fragments, d’objets chargés de vies antérieures. Rien n’est neuf. Tout a déjà servi. Et c’est précisément là que quelque chose recommence. Diaby travaille avec ce qu’il trouve, au sens littéral. Des objets issus de sa maison familiale à Ivry-sur-Seine, des fragments abandonnés, des traces de pop culture, des reliques de rituels, des éléments intimes déplacés d’une vie à l’autre.
Recréer l’énergie d’un moment où l’objet domestique et l’image Pop ont cessé de s’ignorer : telle est l’ambition de cette exposition audacieuse. En février 1966, à Milan, Sottsass expose les Mobili Fly. Des meubles verticaux, géométriques, saturés de couleur, qui ne cherchent plus à servir mais à affirmer. Au même moment, Warhol élève les produits de consommation au rang d’icônes.
Suivez-nous !
Inscrivez-vous
Gratuitement
Chaque semaine, les bons plans culturels du week-end