On entre dans Limbo comme dans un monde déréglé, suspendu après la catastrophe. Gabriel Abrantes compose une traversée dans laquelle films, installations vidéo, dessins et peintures se fondent en un même paysage mental, saturé d’images numériques et de dialogues en boucle.
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Ici, la figure humaine s’efface presque. Des rats, des fantômes, des robots prennent la parole à sa place. Ils parlent comme nous parlons aujourd’hui : fragments de débats, slogans recyclés, émotions brutes arrachées aux réseaux sociaux et aux chaînes d’information. Coincés dans des décors apocalyptiques, ces personnages flottent dans des limbes où l’intime et le politique s’emmêlent sans jamais se résoudre. Le vocabulaire visuel de la 3D, emprunté aux industries du divertissement, devient la langue unique de ce monde à venir – lisse, séduisante, parfois inquiétante. Mais sous la satire piquante affleure une vraie tendresse. Abrantes observe ces créatures artificielles avec une empathie troublante, mêlant tragédie et farce, humour et mélancolie.
Dix ans déjà que Bordeaux possède son vaisseau de verre et de lumière posé sur les quais. Dix ans que la Cité du Vin célèbre le monde dans un verre, les terroirs dans un récit, les saisons dans une…
Vous êtes observés. Pas par une caméra de surveillance. Par une œuvre qui vous répond. Ici, le trouble règne en maître. Certaines œuvres donnent la parole à des intelligences artificielles qui s’adressent à nous avec une étrange familiarité. D’autres transforment des images intimes en données exploitables, des récits personnels en protocoles. Le malaise ne vient pas d’un discours, mais d’une reconnaissance immédiate : ces situations, on les connaît.
Le clair-obscur. Un mot qui convoque immédiatement Caravage, ses figures happées par la lumière, ses corps surgissant de la nuit. Une révolution picturale qui, au XVIIᵉ siècle, bouleversa la peinture en faisant de l’ombre un lieu de vérité.
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