Frissons au Musée d'Orsay

Musée d'Orsay
Du 12 au 24 mai 2026

 

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Bienvenue dans la Salle des Fêtes du musée d'Orsay – 400 m² de stucs, de dorures et de plafonds peints par Pierre Fritel, métamorphosés par le magicien du numérique vivant Adrien M.

Dès le seuil, le sol s'anime. Des milliers de particules lumineuses courent sous nos pas, se dispersent quand nous avançons, se regroupent, dessinent des traînées d'étoiles là où nous passons. On marche sur de la lumière liquide. Les enfants courent, les couples s'arrêtent, et la salle – cette même salle où De Gaulle annonça son retour au pouvoir en 1958 – devient un terrain de jeu poétique à ciel ouvert.

Le dispositif est invisible. Un réseau de capteurs lidar, dissimulé au plafond, scrute chaque contact au sol en temps réel. Vous êtes seul ? Les particules vous suivent comme une ombre docile. Vous croisez quelqu'un ? Le flux d'énergie entre vos deux corps augmente, s'intensifie, jusqu'à tisser un pont lumineux entre vous. Vous vous éloignez ? Tout explose – les particules essaiment sur les murs, grimpent jusqu'aux moulures, envahissent les lustres monumentaux.

Un cycle dure une quinzaine de minutes, sans début ni fin, en perpétuel recommencement. On entre quand on veut, on reste aussi longtemps qu'on veut, et on ne part jamais tout à fait comme on est venu.

Ici, Adrien M prolonge ce que Renoir faisait avec la lumière sur la toile : la caresse d'un regard, la vibration d'un contour qui s'efface, le trouble d'une présence qui se dérobe. Chez Renoir, les formes sont en perpétuelle oscillation ; C’est ce même frémissement qui devient matière numérique. Le titre dit tout : un frisson est ce micro-événement du corps, ce signal discret du vivant qui traverse sans bruit – un courant d'air, un souvenir, un accord musical, un contact à peine effleuré.

Le saviez-vous ?
La Salle des Fêtes est l'un des secrets les mieux gardés du musée d'Orsay. Conçue en 1900 par l'architecte Victor Laloux pour l'Hôtel Terminus de la gare d'Orléans, cette ancienne salle de bal mêle avec une opulence décomplexée tous les styles classiques français, de Louis XIV à Louis XVI. Plafonds peints par Pierre Fritel – dont un Char d'Apollon en tondo central –, lustres monumentaux, dorures et vues sur la Seine : elle s'ouvre rarement au public, ce qui rend l'expérience d'y marcher pieds nus sur un sol de lumière plus singulière encore.

MUSÉE D'ORSAY
Du 12 au 24 mai 2026
Esplanade Valéry Giscard d'Estaing, 75007 - M° Solférino (12)
Du mar. au dim. 9h30-18h, jeu. jsq. 21h45 - Fermé le lun.
Gratuit sur présentation d'un billet d'entrée

Réserver

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