Du 7 septembre au 7 octobre 2017 - Galerie Perrotin
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Fantaisies au noir
L’univers peut paraître sombre de prime abord, déroutant. C’est le noir qui domine dans une ambiance qui nous met en déroute. Le monde que fait émerger Klara Kristalova se compose de multiples personnages, souvent hybrides, où se mêlent humains et animaux. Ils sont les protagonistes de ses contes, des contes qu’elle nous livre à travers la sculpture. A l’instant où l’on regarde ses créatures, elles sont plongées dans leur histoire, prises au vol avant ou après qu’un événement surprenant n’advienne. Entre fantaisie, rêve et réalité, nous sommes dans une forme de limbe végétal où le champ des possibles se déploie, où l’espoir se forme. Sous ces airs d’inquiétante étrangeté, l’oeuvre de Klara Kristalova n’a rien de menaçant, et s’avère être à l’inverse attendrissante. On retrouve une atmosphère gothique et sensible, proche de celle des contes d’Hoffmann ou de l’imagerie cinématographique façon Tim Burton. Au-delà de l’esthétique, c’est la narration qui compte, le récit d’un quotidien stupéfiant, intime voire secret. L’artiste capte la part d’invisible, d’ambiguïté, qui émane de l’existence pour la révéler à sa manière et nous y confronter de plain-pied, jouant sur la dimension et l’apparence de ses sculptures.
Galerie Perrotin Du 7 septembre au 7 octobre 2017 76 rue de Turenne, 75003 - M° Saint Sébastien -Froissart (8) Du mar. au sam. de 11h à 19h Fermé lun. et dim. Entrée libre
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Qui va sauver le monde ? Certainement pas Ladji Diaby. Et surtout pas de la manière attendue. Ici, l’artiste ne brandit ni slogan écologique ni prophétie politique. Il arrive après la tempête. Quand le décor est déjà fissuré, quand les récits rassurants ont cessé de fonctionner. Son installation ressemble à un après-coup : un monde fait de restes, de fragments, d’objets chargés de vies antérieures. Rien n’est neuf. Tout a déjà servi. Et c’est précisément là que quelque chose recommence. Diaby travaille avec ce qu’il trouve, au sens littéral. Des objets issus de sa maison familiale à Ivry-sur-Seine, des fragments abandonnés, des traces de pop culture, des reliques de rituels, des éléments intimes déplacés d’une vie à l’autre.
À presque 90 ans, Larry Poons peint toujours comme on plonge. Sans filet. Figure majeure de l’abstraction américaine, révélé dans les années 1960 aux côtés de Frank Stella et exposé très tôt au MoMA, Poons n’a jamais cessé de se défaire de ce qui l’avait rendu célèbre.
À la fin des années 1960, en Corée, un groupe d’artistes choisit le retrait. Pas le silence passif, mais une résistance par la répétition, par la matière, par le geste. On appellera plus tard ce mouvement Dansaekhwa – littéralement « peinture monochrome ».