* Exposition Sarah Moon "Passé-Présent" au Musée d'Art Moderne de Paris

Mam - Musée d’Art moderne de Paris
Du 18 septembre 2020 au 10 janvier 2021

 

5

Derrière l'objectif d'une ancienne top-model

Mannequin au début des années soixante, Sarah Moon a l’habitude d’être sous l’objectif des photographes. Dans le prolongement de sa carrière de top-model, elle commence à utiliser, en autodidacte, cet appareil intriguant qui a le pouvoir d’immortaliser les personnes et les choses. Elle se prend au jeu, révèle un talent certain et reçoit rapidement ses premières commandes.

Sa collaboration avec Corinne Sarrut en 1968 pour la marque Cacharel, qui bénéficie d’un écho international dans la photographie de mode, alors dominée par les hommes, lance définitivement sa carrière de photographe. Au fil de ses campagnes, affiches et magazines, Sarah Moon façonne un imaginaire immédiatement reconnaissable, teinté d’onirisme lugubre.

Le Musée d’Art Moderne de Paris nous présente le travail de cette grande photographe de mode à travers l’exposition PasséPrésent, dont le titre résume parfaitement l’esthétique ambiguë de l’artiste, à la fois rétro et moderne. « C’est à la fois pour m’approcher et m’échapper de la réalité qu’instinctivement j’ai regardé à travers l’objectif d’un appareil photographique », explique Sarah Moon, qui développa dans les années 1980 une pratique photographie très personnelle en quête perpétuelle de l’imprévisible et de l’instant suspendu.

Son esthétique du flou, assez similaire à celle du peintre allemand Gerhard Richter dans ses portraits hyperréalistes, efface légèrement les contours des formes, plongeant les modèles photographiés dans le brouillard mélancolique de l’anonymat. Tantôt éthérés avec des tons froids, tantôt feutrés avec des couleurs éclatantes, ses clichés empruntent autant à l’élégance des photos de mode des années 1950 qu’à l’onirisme inquiétant des films expressionnistes allemands des années 1930.

Sous son objectif, une mouette peut se transformer en oiseau de mauvais augure apportant un présage malheureux, ou un corps de femme corseté en mannequin rétro trouvé dans une échoppe de la fin du XIXe siècle.

Le saviez-vous ?

La marque américaine Polaroid, spécialisée dans la fabrication de lunettes de soleil à verres polarisants, fut la première à commercialiser dans les années 1950 des appareils photographiques instantanés permettant d’obtenir des photographies argentiques sans avoir besoin de les faire développer et de les tirer sur du papier.

The exhibition PastPresent reveals the singularity of Sarah Moon’s photographic and cinematic work fluctuating between reflections and transparency, mirages and obscurity.


Vous aimerez aussi…

648 -1937HD
  • Gratuit
  • Photo

Pierre Jamet : 36, Y'a d'la joie !

Galerie Les Amies Rouges
Jusqu'au 4 juillet 2026

En juin 1936, dans les semaines qui suivent la victoire du Front populaire, le gouvernement Léon Blum accorde aux ouvriers français leurs deux premières semaines

IMG_4635
  • Incontournable
  • Photo

Lee Miller au Musée d'Art Moderne de Paris

MUSÉE D’ART MODERNE DE PARIS
Du 10 avril au 2 août 2026

Égérie, muse, amante de Man Ray, figure surréaliste à la photogénie parfaite : Lee Miller a d’abord traversé l’histoire de l’art par la marge.

Capture d’écran 2026-03-04 105351
  • Gratuit
  • Incontournable

Exposition Moi et les autres, regards d’artistes sur nos vies en ligne, à la Fondation Groupe EDF

FONDATION GROUPE EDF
Jusqu’au 27 septembre 2026

Vous êtes observés. Pas par une caméra de surveillance. Par une œuvre qui vous répond. Ici, le trouble règne en maître. Certaines œuvres donnent la parole à des intelligences artificielles qui s’adressent à nous avec une étrange familiarité. D’autres transforment des images intimes en données exploitables, des récits personnels en protocoles. Le malaise ne vient pas d’un discours, mais d’une reconnaissance immédiate : ces situations, on les connaît.

14_Ladji Diaby MG_0617
  • Gratuit
  • Contemporain

Exposition de Ladji Diaby, Who’s Gonna Save The World ? à Lafayette Anticipations

LAFAYETTE ANTICIPATIONS
Du 1er avril au 19 juillet 2026

Qui va sauver le monde ? Certainement pas Ladji Diaby. Et surtout pas de la manière attendue. Ici, l’artiste ne brandit ni slogan écologique ni prophétie politique. Il arrive après la tempête. Quand le décor est déjà fissuré, quand les récits rassurants ont cessé de fonctionner. Son installation ressemble à un après-coup : un monde fait de restes, de fragments, d’objets chargés de vies antérieures. Rien n’est neuf. Tout a déjà servi. Et c’est précisément là que quelque chose recommence. Diaby travaille avec ce qu’il trouve, au sens littéral. Des objets issus de sa maison familiale à Ivry-sur-Seine, des fragments abandonnés, des traces de pop culture, des reliques de rituels, des éléments intimes déplacés d’une vie à l’autre.