Ouverture de l'Institut Giacometti

Le 21 juin 2018 -
Paris //

 

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Sésame, ouvre-toi ! On attendait depuis longtemps le jour où un établissement consacré à Giacometti allait s’ouvrir au grand public. Et pas des moindres. Tout simplement le plus important fonds de l’œuvre de Giacometti au monde… Pas moins de 350 sculptures, une centaine de peintures, plus de 2000 dessins, autant d’estampes, ainsi que des objets d’art décoratif : tout un patrimoine préservé par sa veuve Annette Giacometti, qui lui survécut jusqu’en 1993. Vous êtes époustouflé ? Nous aussi.

Situé dans un hôtel particulier classé du 14e arrondissement, un quartier dans lequel le peintre et sculpteur suisse avait installé son atelier souvent décrit comme « sa caverne », le nouvel institut impressionne. Cinquante ans après la disparition de l’artiste, on nous invite à découvrir un espace réaménagé, mais dont on a voulu conserver les décors historiques. Aventurez-vous dans un parcours labyrinthique où l’alternance des hauteurs de plafond, traversées par des néons, et le dédale des circulations, proposent des expériences variées. L’atelier de Giacometti apparaîtra par ailleurs plus vrai que nature. Une reconstitution permanente rendue possible grâce au travail des conservateurs et des grands photographes qui, avec leurs clichés, ont pu immortaliser le lieu de travail originel de l’artiste. Vous serez entourés des murs que Giacometti a lui-même peints et qui sont aujourd’hui des témoins du temps. Ici les frontières sont quasiment abolies entre les œuvres d’art et le public grâce à un ingénieux dispositif architectural composé de gradins et d’un vitrage extra-clair. Dans cet antre, difficile d’être aussi proche des soixante-dix sculptures exposées, principalement faites de plâtre et de bronze, et des dernières œuvres en terre sur lesquelles l’artiste travaillait avant sa mort. L’on retrouve alors ces formes humaines typiques, celles qui, longilignes et abstraites, demeurent difficilement déchiffrables. L’on ôte aussi le voile sur de précieuses œuvres en plâtre et terre très fragiles qui n’avaient encore jamais été montrées au public. Des dessins, lithographies et carnets personnels de l’artiste, pour la plupart inédits pourront de plus être consultés sur demande dans un cabinet d’art graphique. En bref, bien des surprises nous attendent dans l’institut dédié à celui qui a créé L’Homme au doigt, la statue la plus chère vendue dans le monde jusqu’à présent.

Plus qu’un lieu d’exposition et de conservation, ce lieu unique a pour vocation de constituer un carrefour des savoirs, permettant la tenue de conférences, colloques et la présentation de recherches sur l’art moderne. Le programme des expositions promet en outre de nous tenir en haleine pour les mois à venir, notamment avec celle qui inaugurera ce cycle, qui sera consacrée à ses relations amicales avec l’écrivain Jean Genet. D’autres expositions évoqueront les échos que Giacometti a eus sur les générations suivantes.

Le saviez-vous ?  : Giacometti a beaucoup représenté les femmes et ce, sous la forme de figures debout. Des femmes longilignes et immobiles, que Giacometti a notamment représentées sur la couverture de la célèbre pièce de théâtre de Genet, Le Balcon.

L'info en plus : Représentant un homme debout la main pointée sur le côté, une autre levée, L’Homme au doigt, créé par Giacometti, est la statue la plus chère vendue dans le monde. Elle est partie aux enchères en 2015 pour 141,3 millions $ !

Opening its doors for the first time to the public, the Giacometti Institute gathers the most important number of masterpieces made up by the artist.

 


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