Scandale – Anish Kapoor, inspiré par les menstruations

« Un homme peut-il s’occuper des problèmes des femmes ? » C’est la question que s’est posée Anish Kapoor en réalisant sa série de peintures évoquant le sang menstruel, visible à la Lisson Gallery de Londres.

 

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L’artiste indien est un habitué du scandale. Rappelez-vous, en 2015, il avait suscité la polémique avec son œuvre « Dirty Corner » surnommé « le vagin de la reine ». Cette sculpture féministe avait été recouverte de tags antisémites quelques semaines seulement après son installation.

Pour cette exposition, il revient avec une série de peintures en lien avec le sang des règles, nous rappelant la très controversée performance artistique de Deborah de Robertis, l’année dernière au Musée du Quai Branly.

Ces tableaux peuvent paraître désordonnés et même un peu sales : en effet, de grosses éclaboussures de sang et des traînées sanguinolentes émanent des cavités et des orifices noirs représentés. Peindre ce motif peut paraître choquant, mais cela soulève surtout une question centrale de la création artistique : un homme est-il légitime à peindre des problèmes de femme ? Ici, Kapoor nous montre la douleur, la violence et l’impureté qu’évoquent pour nous les règles, mais pour lui, ces dernières sont surtout l'illustration de la force de la vie (c’est quand même grâce à elles que nous la créons !). Ces coups de pinceau rapides et énergiques sont l’expression même de cette vitalité.

Dans ces œuvres, les menstruations sont à la fois synonymes d’abjecte et de violence, mais aussi d’amour et d’émotion. Les règles cesseront-elles un jour d'être un sujet tabou?

 


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