* Le monde selon Roger Ballen à la Halle Saint-Pierre

Halle Saint Pierre
Du 8 juin au 15 août 2020

 

5

Miroir, Ô mon miroir !

Et si l’on pouvait photographier les profondeurs de l’âme ? Roger Ballen, mondialement connu pour ses photographies, nous révèle des facettes jusque-là insoupçonnées de son répertoire créatif : une nouvelle esthétique hybride, troublante, provocante et énigmatique.

Et pour cause, ce géologue-ethnographe, peintre-photographe, sculpteur-scénariste, n’accepte aucune catégorisation, définissant d’ailleurs lui-même son style de « ballenesque ». Hors norme donc. Ce qui tombe plutôt bien, car la Halle Saint-Pierre qui l’accueille échappe elle-aussi aux règles. Temple de l’art brut, assurément inclassable et imperméable aux normes, ce musée atypique résiste à toutes les modes. Ici l’artiste prend possession des lieux, allant jusqu’à réaliser des installations spécialement pour l’exposition, des mises en scène monumentales, assemblages étranges qui donnent corps à son monde.

Mais au fait, à quoi ressemble le monde de Roger Ballen ? Au premier regard, ses œuvres semblent faites de bric et de broc, présentant des objets insalubres dans des décors de décharges abandonnées. Rien de bien rassurant. Pourtant, quelque chose de familier se dégage de ces cellules crasseuses et poussiéreuses, sans fenêtres, sans échappatoire. Face à ses murs interminables, le regardeur se trouve pris d’un vertige existentiel, se sentant à son tour emprisonné. De l’humanité, il ne reste que des traces, un dessin aux contours flous, des graffitis inquiétants, une peinture spectrale… Un vague souvenir, prêt à disparaître comme les marques sur le mur. Dans ce monde vide de tout, les protagonistes sont inanimés : des objets usés, des câbles suspendus, des poupées démantelées ou des masques sans regard, comme autant de fantômes d’une humanité perdue.

Avec ses expérimentations visuelles, Roger Ballen nous place face au doute : son monde photographié est-il réel ou fictif ? Ses œuvres dépeignent en noir et blanc un paysage mental troublant et troublé, un monde transfiguré qui explore les profondeurs de l’âme, un lieu métaphorique qui incarne la face sombre de la psyché humaine. Le monde dans toute sa cruauté et son absurdité.

The world according to Roger Ballen has evolved over the years, born from and within his relationship with photography. The artist reigns over the black-and-white world of the human psyche. A disturbing, provocative and enigmatic exhibition.

Un best of de l'exposition sera à découvrir au mois de septembre à la Halle Saint-Pierre !


Vous aimerez aussi…

DSC00041
  • Gratuit
  • Numérique

Frissons au Musée d'Orsay

Musée d'Orsay
Du 12 au 24 mai 2026

Bienvenue dans la Salle des Fêtes du musée d'Orsay – 400 m² de stucs, de dorures et de plafonds peints par Pierre Fritel, métamorphosés par le magicien du numérique vivant Adrien M.

DSC07771®dby-photographie_Cite du Vin_GEDEON Programmes_Atelier Sylvain Roca
  • Contemporain
  • Incontournable

Cité du Vin Bordeaux : elle fête ses 10 ans !

CITÉ DU VIN
Du 1er avril au 1er novembre 2026

Dix ans déjà que Bordeaux possède son vaisseau de verre et de lumière posé sur les quais. Dix ans que la Cité du Vin célèbre le monde dans un verre, les terroirs dans un récit, les saisons dans une…

Capture d’écran 2026-03-04 105351
  • Gratuit
  • Incontournable

Exposition Moi et les autres, regards d’artistes sur nos vies en ligne, à la Fondation Groupe EDF

FONDATION GROUPE EDF
Jusqu’au 27 septembre 2026

Vous êtes observés. Pas par une caméra de surveillance. Par une œuvre qui vous répond. Ici, le trouble règne en maître. Certaines œuvres donnent la parole à des intelligences artificielles qui s’adressent à nous avec une étrange familiarité. D’autres transforment des images intimes en données exploitables, des récits personnels en protocoles. Le malaise ne vient pas d’un discours, mais d’une reconnaissance immédiate : ces situations, on les connaît.

FSRG1027_HD - photo © Gregory Copitet
  • Gratuit
  • Incontournable

Exposition Milan 1966, Ettore Sottsass & Andy Warhol, à la Galerie Mitterand

GALERIE MITTERRAND
Jusqu’au 9 mai 2026

Recréer l’énergie d’un moment où l’objet domestique et l’image Pop ont cessé de s’ignorer : telle est l’ambition de cette exposition audacieuse. En février 1966, à Milan, Sottsass expose les Mobili Fly. Des meubles verticaux, géométriques, saturés de couleur, qui ne cherchent plus à servir mais à affirmer. Au même moment, Warhol élève les produits de consommation au rang d’icônes.