Le monde sans œillère à l'exposition Marc Riboud du MNAAG

Musée national des arts asiatiques – Guimet
Du 16 décembre 2020 au 3 mai 2021

  • Marc Riboud, La jeune fille à la fleur - Washington 1967
  • Marc Riboud, Le peintre de la tour Eiffel - Paris 1953
  • Marc Riboud, Huang Shan, Chine 1985
  • Marc Riboud, Place Tian'anmen, à l'entrée de la Cité interdite Pékin, Chine, 1992
  • Marc Riboud, High Court, bâtiment conçu par Le Corbusier, à Chandigarh
  • Marc Riboud, Jawaharlal Nehru et Zhou Enlai - Inde 1956
  • Marc Riboud, Manifestation anti américaine au moment de la guerre du Vietnam - Chine 1965
  • Marc Riboud, Passe de Khyber - Afghanistan 1956

 

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« Je photographie comme le musicien chantonne. Regarder est une respiration et, quand le hasard est avec moi et qu’une bonne photo m’est donnée, le bonheur n’est pas loin » écrivait Marc Riboud en 2004. Marquant l’entrée de son œuvre dans les collections du MNAAG, l’exposition qui lui est consacrée est aussi l’occasion de redécouvrir les clichés de ce grand nom de la photographie du XXe siècle. Entré à l’agence Magnum en 1953, où il tisse une amitié indéfectible avec Robert Capa et Henri Cartier-Bresson, Marc Riboud sillonne aussitôt le monde où il forge son regard de reporter pour saisir l’actualité et le bouleversement des civilisations modernes. Il est celui qui a su embrasser l’effervescence de l’Europe d’après-guerre, à Londres et à Paris, avant de s’envoler pour l’Asie, qui devient très vite son sujet de prédilection. Les steppes d’Anatolie et les paysages arides de l’Iran le captivent, la Chine, qu’il arpente pendant plus de cinquante ans, le bouleverse et le façonne, tout comme le Japon traditionnel qui lutte furieusement contre l’industrialisation et l’Alaska étrange et poétique qui lui donne l’occasion de saisir des clichés à la beauté captivante. Cimes perdues dans d’épaisses brumes, pics escarpés, immeubles rectilignes, villes fourmillantes ou villages dépeuplés, images inoubliables et bouleversantes de guerres et de révolutions ; le fonds Marc Riboud s’impose comme le témoignage d’un monde mis en branle dont subsiste cet héritage éblouissant.