* Paris étrange et familier dans l'exposition Albert Kahn à la Cité de l'architecture

  •  Auguste Léon, Paris 7e, Les Invalides, 6 mars 1920
  • Auguste Léon, Paris 9e, l’Opéra Garnier, 24 mai 1920
  • Auguste Léon, Paris 18e, la “zone”, baraques dans les terrains des fortifications entre la Porte de Clignancourt et la Porte de Saint-Ouen, 20 septembre 1929
  • Auguste Léon, Paris 17e, cinéma Lutetia-Wagram, 3 mai 1918
  • Auguste Léon, Paris 7e, Les Invalides, 6 mars 1920
  • Anonyme, Paris 6e, la cour du Dragon, juillet 1914
  • Stéphane Passet, Paris 7e, le palais du Trocadéro vude la tour Eiffel, date inconnue
  • Stéphane Passet, Le Moulin Rouge, juin-juillet 1914
  • Anonyme, Paris 5e, une famille rue du pot de fer, juillet 1914

 

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Banquier mécène et philanthrope, Albert Kahn entreprend en 1909 ce qui deviendra le projet d’une vie : les Archives de la Planète, la plus importante collection d’autochromes au monde. Ce fonds, constitué des premières photographies en couleurs – dernière invention en date des frères Lumière – et de films en noir et blanc, a été constitué par une douzaine d’opérateurs. Envoyés par le collectionneur pour sillonner le monde, ils en immortalisent les cultures à l’aube des bouleversements inéluctables qu’annonce le XXe siècle. Pendant près de trente ans, les photographes et cinématographes dépêchés par Albert Kahn arpentent également les rues de Paris, nous laissant un héritage inédit et bien gardé de près de 5000 autochromes et 90 000 mètres de film. Ces archives exploitent la dualité opposant persistances et mutations : l’Opéra Garnier, la place de la Sorbonne, Montmartre ou le Boulevard Haussmann semblent au promeneur aussi étranges que familiers. Des rues fourmillantes de la capitale ne subsistent dans ces clichés vieillis qu’une trace de vie éphémère et parfois absente. Les silhouettes fantomatiques des fiacres et des passants dotent ces images du passé d’une aura poétique et atemporelle. Paris sera toujours Paris.