British Museum et politique culturelle : pour ou contre la restitution des marbres du Parthénon en Grèce ?

 

1

Cela fait maintenant depuis de nombreuses années que la question brûlante de la restitution des œuvres fait couler beaucoup d’encre. Si la Mona Lisa du Louvre nous attire encore les foudres de nos voisins italiens, les collections extra-occidentales sont souvent au cœur de ces débats, notamment en lien avec les notions de pillage ou de répartition inégale des richesses. C’est aujourd’hui le British Museum qui se retrouve dans la panade (et ce n’est pas la première fois) avec pour motif d’accusation les marbres du Parthénon, le plus célèbre temple antique localisé sur l’Acropole d’Athènes. En effet, selon les récents sondages, la population britannique serait désormais en faveur de la restitution de ces vestiges archéologiques, jadis rapportés en Angleterre par Lord Elgin en 1801, puis achetés par le British Museum en 1814. Cela fait donc depuis plus de deux siècles que les sublimes sculptures grecques reposent dans le pays où l’on conduit à l’envers, très probablement en manque de vitamine C. Néanmoins, il y a quelques jours, les figures mythologiques commençaient à lorgner les tubes de crème solaire, puisque le journal The Telegraph avait annoncé des négociations prometteuses avec le gouvernement grec, à travers le terme plutôt avantageux d’« échange culturel », largement plus sympathique que « vol du patrimoine ». La même stratégie a d’ailleurs été adoptée par le Vatican, qui souhaite également restituer des fragments du Parthénon sous la forme d'une « donation dans un but œcuménique », une sorte de gros cadeau du pape François au chef de l'Église grecque orthodoxe.

Seulement voilà, contre toute attente, alors que tout le monde annonçait déjà la restitution des marbres du Parthénon, le gouvernement britannique vient d'anéantir tout espoir. La ministre de la Culture Michele Donelan s'est ainsi exprimée au sujet des sculptures sur la BBC : « J'ai été très claire à ce sujet : je ne pense pas qu'elles devraient retourner en Grèce ». En effet, c'est on ne peut plus clair, les caryatides resteront british.

 


Vous aimerez aussi…

Paul Cezanne, Montagne Sainte-Victoire with Large Pine, vers 1887, huile sur toile, The Courtauld Institute of Art, Londres © Courtauld
  • Incontournable

Cezanne et nous, l'exposition au Grand Palais

Le Grand Palais
Du 23 septembre 2026 jusqu'au 17 janvier 2027

Le Grand Palais consacre une exposition exceptionnelle à Paul Cézanne, figure majeure de la peinture moderne et source d’inspiration pour des générations d’artistes.

Laura Delvaux, Sans titre, 2023, Emballage avec éléments textiles sur statue en plâtre, 42 x 20 x 20 cm, Muriel Thies © collection La « S » Grand Atelier
  • Insolite
  • Découverte

Exposition Art brut ressourcé, la « S » Grand Atelier à la Halle Saint Pierre

La Halle Saint-Pierre
Du 11 septembre 2026 au 31 juillet 2027

Quand l’Art Brut devient une aventure collective.

Ladies and Gentlemen (Iris), Mugrabi Collection Photo Max C Lee-Russel ©The Andy Warhol Foundation for the Visual Arts,Licensed
  • Incontournable
  • Contemporain

Exposition Andy Warhol, la ligne et l'image au Musée du Luxembourg

MUSÉE DU LUXEMBOURG
Du 16 septembre 2026 au 10 janvier 2027

À travers près de 150 œuvres, l'exposition met en lumière le rôle essentiel du dessin dans le parcours artistique d'Andy Warhol.

Tintoret, Suzanne et les vieillards, vers 1555-1556, huile sur toile, 146 × 193,6 cm Vienne, Kunsthistorisches Museum, Gemäldegalerie ©KHM-Museumsverband
  • Actu
  • Incontournable

Exposition Éternel Tintoret au musée Jacquemart-André

Musée Jacquemart-André
Du 11 septembre 2026 au 24 janvier 2027

Avec Éternel Tintoret , le musée Jacquemart-André invite à redécouvrir l’œuvre de Tintoret, figure majeure de la Renaissance vénitienne.