Exposition La dynastie des Roux, une épopée maritime au cœur de l’Ancien Évêché d'Uzès

ANCIEN ÉVÊCHÉ D’UZÈS
Du 2 mai au 2 novembre 2025

 

5

Ils ont peint les vagues comme d’autres les visages, portraitistes fidèles d’un monde aujourd’hui disparu. Sous leurs pinceaux, les navires déploient leurs voilures, les ports fourmillent, les batailles s’embrasent – tout un pan de l’histoire maritime française ressuscité en aquarelles, silhouettes et lignes de fuite.

Cet été, la dynastie des Roux jette l’ancre à Uzès, bien loin de ses ports d’origine, dans l’écrin inattendu de l’Ancien Évêché, pour une traversée picturale de près d’un siècle de marine. Tout commence au XVIIIe siècle, dans une échoppe du Vieux-Port de Marseille où Joseph Roux vend cartes, compas et boussoles. Bientôt, ses fils et petits-fils troquent les instruments de navigation pour les pinceaux, et deviennent les portraitistes officiels des plus beaux voiliers d’Europe. De Frédéric à François en passant par Antoine, tous maîtrisent l’art du détail : poulies, gréements, manœuvres – chaque élément est scrupuleusement reproduit. Si l’on regarde d’abord pour la beauté des ciels et des mers, on revient pour l’exactitude saisissante de la peinture. L’excellence fait leur renommée. On vient de loin pour se faire tirer le portrait… de bateau.

L’Ancien Évêché d’Uzès accueille plus de 110 œuvres pour cette exposition remarquable, entre grandes figures de la famille Roux et héritiers de leur savoir-faire comme Victor et Édouard Adam ou Louis Roux. Des batailles navales aux régates de plaisance, nous traversons une époque de commerce et d’exploration, quand Marseille régnait sur les mers et que les voiliers étaient rois. Ici, le regard circule entre immensité marine et précision d’orfèvre, entre souffle épique et finesse artisanale. L’histoire s’écrit dans les moindres détails –  une drisse, une vergue, un pavillon coloré – et c’est tout un monde disparu qui ressurgit, vibrant, à fleur de papier. Dans le silence feutré des salons d’apparat, les coques craquent, les haubans sifflent – il ne nous reste qu’à embarquer.

Un écrin de pierre pour un monde de voiles

Impossible de rêver plus beau port d’attache que l’Ancien Évêché d’Uzès pour accueillir cette épopée maritime. Adossé à la cathédrale Saint-Théodorit, ce palais classique du XVIIe siècle fut pendant plus de deux siècles la résidence des évêques de la ville. Le contraste entre les murs de pierre dorée et les aquarelles d’écume donne à la visite une saveur particulière. Il se murmure qu’un évêque, passionné de navigation, avait fait installer dans la bibliothèque haute un globe terrestre orné de routes maritimes et d’escales exotiques… Une manière pour lui, déjà, d’avoir la mer à portée de regard, depuis l’arrière-pays gardois.

ANCIEN ÉVÊCHÉ D’UZÈS
Du 2 mai au 2 novembre 2025

Place de l’Évêché, Uzès


Vous aimerez aussi…

Schiste à figure de Renne_Art_Mobilier_Magdalénien (1)
  • Découverte

Au fil du trait : L'art magdalénien au Saut-du-Perron

Musée Joseph Déchelette
Du 15 mai au 20 septembre 2026

Il y eut d'abord le trait. Une simple ligne gravée dans la matière, et quelqu'un, quelque part, a compris qu'elle pouvait tenir lieu de chose.

Henri Matisse
Nature morte à la statuette africaine 1906
inv 25.4.1
Huile sur toile
  • Découverte

La collection au musée Matisse

Musée Matisse
Jusqu'au 25 mai 2026

Il n'y a pas d'effet spectaculaire ici. Seulement une sensation rare : celle d'entrer dans l'atelier d'Henri Matisse.

vue expo Humaine crédit photo IrisMiranda
  • Découverte
  • Contemporain

Iris Miranda : Nature humaine à Flaran

Abbaye de Flaran
Du 11 avril au 14 juin 2026

À l’Abbaye de Flaran, Iris Miranda explore le corps et la nature par la gravure : visages frontaux, formes organiques et matière entaillée.

20. CERVERA 2024_PARTIE DE CAMPAGNE_146x114cm_acrylique et TM sur toile de lin_TERRITOIRE DE L'IMAGINAIRE
  • En amoureux
  • Contemporain

L'exposition André Cervera. Carambolages au Musée Paul Valéry

MUSÉE PAUL VALÉRY
Jusqu’au 7 juin 2026

La peinture peut-elle encore être un champ de bataille ? Avec ses carambolages, André Cervera répond sans détour. Oui – si l’on accepte que les images se confrontent, que les souvenirs…