CENTRE CULTUREL COREEN Du 24 octobre 2025 au 29 août 2026
Bleu, rouge, jaune, blanc, noir : cinq battements pour un même souffle. En Corée, la couleur n’orne pas, elle oriente, comme une mémoire, un rituel, une énergie.
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C’est par cette boussole, l’Obangsaek, que l’on traverse un paysage où le hanji froissé chuchote comme une peau, où l’encre pulse en constellations, où la lumière devient pigment et la technologie, matière sensible. Le Centre Culturel Coréen nous propose une immersion qui relie le geste ancien au présent électrique : 34 artistes orchestrent ici un continuum allant de la céramique et du textile aux dispositifs lumineux, des écritures silencieuses de la nature aux fictions numériques.
Ici, les maîtres du Dansaekhwa dialoguent avec des voix contemporaines ; là, des installations captent le flux des images et le restituent en halos, vibrations, respirations. L’exposition compose le portrait d’une esthétique qui préfère la nuance au fracas, la durée à l’effet, et rappelle qu’en Corée la couleur est un langage, l’art de dire le monde sans hausser la voix, mais en le faisant vibrer.
CENTRE CULTUREL COREEN Du 24 octobre 2025 au 29 août 2026 20 rue La Boétie, 75008 - M° Miromesnil (9/13)/ M° Saint Augustin (9) Du lun. au ven. de 10h à 18h / le sam. de 14h à 18h / fermé le dim. Entrée libre
Avant Warhol, avant la société du spectacle, Kees van Dongen savait déjà tout. La couleur comme arme. Le portrait comme scène. La peinture comme attitude.
LAFAYETTE ANTICIPATIONS Du 1er avril au 19 juillet 2026
Qui va sauver le monde ? Certainement pas Ladji Diaby. Et surtout pas de la manière attendue. Ici, l’artiste ne brandit ni slogan écologique ni prophétie politique. Il arrive après la tempête. Quand le décor est déjà fissuré, quand les récits rassurants ont cessé de fonctionner. Son installation ressemble à un après-coup : un monde fait de restes, de fragments, d’objets chargés de vies antérieures. Rien n’est neuf. Tout a déjà servi. Et c’est précisément là que quelque chose recommence. Diaby travaille avec ce qu’il trouve, au sens littéral. Des objets issus de sa maison familiale à Ivry-sur-Seine, des fragments abandonnés, des traces de pop culture, des reliques de rituels, des éléments intimes déplacés d’une vie à l’autre.
À presque 90 ans, Larry Poons peint toujours comme on plonge. Sans filet. Figure majeure de l’abstraction américaine, révélé dans les années 1960 aux côtés de Frank Stella et exposé très tôt au MoMA, Poons n’a jamais cessé de se défaire de ce qui l’avait rendu célèbre.