Yayoi Kusama : Infinity Mirrored Woman

Habitante de New York et de nos cœurs, la Japonaise Yayoi Kusama s'en est allée à l'âge de 97 ans.

 

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Nous l'avons citée la première fois en 2015, il y a onze ans, et depuis, notre Rédaction l'a mise en avant à trente-six reprises. C'était l'artiste vivante la plus chère du monde. Cotée, bien sûr. Mais aimée aussi. Ses pois ont envahi le monde moderne avec une facilité déconcertante, comme une actualité jamais has been, que des commissaires, centres d'art, musées, collectionneurs, critiques d'art et photographes ont colportée avec la joie de l'entreprise. Son galeriste des quinze dernières années écoulées, David Zwirner, le dit : « Il ne fait aucun doute qu'à l'heure de son départ, Kusama était l'artiste vivante la plus célèbre au monde. »

On a bien souvent confondu son travail avec la folie : l'obsession, l'avant-gardisme, la nudité, l'engagement de l'être. Mais « la folie n'existe que dans une société, elle n'existe pas en dehors des formes de la sensibilité », confie Michel Foucault dans un entretien pour Le Monde en 1961. Kusama était une artiste puissante parce qu'elle avait absorbé la société et couvrait les sujets les plus intenses de l'immense poésie de ses infinity mirrored rooms : peur de la mort, révélation de soi, dédoublement de la personnalité, insistance de l'esprit, rapport au père, rapport au sexe, à la ville et à l'imaginaire.

Pionnière du happening, elle imagine en 1966 sa Walking Piece. Nouvelle arrivée à New York, immigrante japonaise dans un monde de l'art américain dominé par des hommes blancs, elle choisit de retenir notre regard. Et on ne la lâchera plus, cette femme en kimono rose et tenue traditionnelle prête à marcher sur New York, et à y laisser quelques fleurs tombées.

« La machinerie du ciel, qui nous déconcerte sur terre par les transformations infinies des nuages dans la lumière de l’aube, ne saurait se comparer à l’extraordinaire ténacité des êtres humains, à la façon dont ils vivent, au pressentiment de la mort qui approche, à l’existence de l’amour, aux scintillements éclatants de la lumière et aux sombres cicatrices de nos vies, sans même parler de la forme incompréhensible du cosmos et des mystères vertigineux de l’espace, du temps et de la distance. »
Yayoi Kusama

Pour un dernier hommage, rendez-vous à Amsterdam dès le 11 septembre, au Stedelijk Museum : Découvrir.

 


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