Martin Margiela

Palais Galliera
Du 3 mars au 15 juillet 2018

Du 3 mars au 15 juillet 2018 -
Palais Galliera //

 

16

Le patron du patron

La mode, la mode, la mode… Martin Margiela en connaît un rayon, mais n’en fait qu’à sa tête. Roi du vêtement conceptuel, à soixante ans à peine il catalogue déjà trente ans de créations. Au fil des saisons (au sens mode du terme) son style se forge, s’affirme et s’épure - étonnamment - à la fois. De 1989, après sa collaboration avec Jean-Paul Gaultier, à 2009 ; vingt ans d’art porté et son évolution magnifique. Ce diplômé des Beaux-Arts d’Anvers se joue des classiques du milieu en adoptant une approche structurée/déstructurée. Son esthétique, reconnaissable entre mille redonne ses lettres de noblesse au métier indispensable à la mode qu’est la couture. L’artisanat est mis en lumière dans presque chaque pièce. Envers dessus, doublure sublime, la logique est inversée, mais après tout, la mode est un art et l’art ne suit aucune règle ! Margiela appréhende la construction d’un vêtement par sa déconstruction. On décèle facilement les étapes techniques de fabrication du vêtement : pinces, épaulettes non couvertes, traits de patrons, fils de bâti, tout l’attirail du parfait couturier devient élément à part entière de la pièce finale. L’esprit Margiela allie traditions de l’artisanat et modernité exacerbée. De cet assemblage surprenant, naissent des collections d’anthologie. Comme la série Artisanale, qui se compose uniquement de pièces créées à partir de vêtements vintage et/ou d’objets de récupération. Le Palais Galliera offre une scène inhabituellement chic au travail de Margiela, qui, plein de subversivité, préfère organiser ses défilés dans des parkings, des stations de métro abandonnées ou encore des terrains vagues. De pied de nez en pied de nez, cette rétrospective raconte en 100 silhouettes l’histoire d’un talent singulier, qui n’a pas fini de nous étonner.

> On a vu, on vous raconte : l'exposition Margiela/Galliera au Palais Galliera

Martin Margiela is one of the most famous current fashion designers. His style pays tribute to the craft industry.


Vous aimerez aussi…

Capture d’écran 2026-03-04 105351
  • Gratuit
  • Incontournable

Exposition Moi et les autres, regards d’artistes sur nos vies en ligne, à la Fondation Groupe EDF

FONDATION GROUPE EDF
Jusqu’au 27 septembre 2026

Vous êtes observés. Pas par une caméra de surveillance. Par une œuvre qui vous répond. Ici, le trouble règne en maître. Certaines œuvres donnent la parole à des intelligences artificielles qui s’adressent à nous avec une étrange familiarité. D’autres transforment des images intimes en données exploitables, des récits personnels en protocoles. Le malaise ne vient pas d’un discours, mais d’une reconnaissance immédiate : ces situations, on les connaît.

Larry Poons, Untitled (025C-5), 2025 © Larry Poons, Courtesy of the Artist and Almine Rech, Photo - Dan Bradica
  • Gratuit
  • Découverte

Exposition de Larry Poons, L’indocile abstraction, à la Galerie Almine Rech

GALERIE ALMINE RECH
Jusqu’au 23 mai 2026

À presque 90 ans, Larry Poons peint toujours comme on plonge. Sans filet. Figure majeure de l’abstraction américaine, révélé dans les années 1960 aux côtés de Frank Stella et exposé très tôt au MoMA, Poons n’a jamais cessé de se défaire de ce qui l’avait rendu célèbre.

Ha Chong-Hyun, Conjunction 24-82, 2024 © Ha Chong-Hyun, Courtesy of the Artist and Almine Rech
  • Gratuit
  • Découverte

Exposition Masters of Dansaekhwa, Former le monochrome, à la Galerie Almine Rech

GALERIE ALMINE RECH
Jusqu’au 23 mai 2026

À la fin des années 1960, en Corée, un groupe d’artistes choisit le retrait. Pas le silence passif, mais une résistance par la répétition, par la matière, par le geste. On appellera plus tard ce mouvement Dansaekhwa – littéralement « peinture monochrome ».

FSRG1027_HD - photo © Gregory Copitet
  • Gratuit
  • Incontournable

Exposition Milan 1966, Ettore Sottsass & Andy Warhol, à la Galerie Mitterand

GALERIE MITTERRAND
Jusqu’au 9 mai 2026

Recréer l’énergie d’un moment où l’objet domestique et l’image Pop ont cessé de s’ignorer : telle est l’ambition de cette exposition audacieuse. En février 1966, à Milan, Sottsass expose les Mobili Fly. Des meubles verticaux, géométriques, saturés de couleur, qui ne cherchent plus à servir mais à affirmer. Au même moment, Warhol élève les produits de consommation au rang d’icônes.