Les infamies photographiques par Sigmar Polke

Le Bal
Du 13 septembre au 22 décembre 2019

Sigmar Polke comme vous ne l'avez jamais vu

 

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Connu pour appliquer de l’arsenic ou de la cire d’abeille sur ses toiles, Sigmar Polke est ce que l’on appelle un artiste décalé. Son fils a gardé pendant des années des centaines de clichés, dans une boîte en carton, laissée de côté, retrouvée depuis peu. Le Bal expose ces clichés inédits, sans titre ni date, oubliés, témoignages jusque-là encore jamais dévoilés de la vie de l’artiste, de ses créations et de son travail. L’artiste fait d’abord ses preuves avec sa peinture, utilisant la photographie pour documenter ses œuvres. En premier lieu les deux arts ennemis s’alimentent donc, mais peu à peu, le peintre se tourne vers l’instantané et les appareils. Le médium photographique devient un monde d’invention pour lui, entre travail amateur et artisanal. Aucune hiérarchie dans ses clichés, l’image reste le point primordial de sa recherche artistique. Les photographies de famille, les autoportraits, les prises de vue picturales ou encore les expérimentations graphiques se mélangent sans jurer entre elles. Il n’est pas un professionnel de la photographie, et s’en moque bien. L’image et ce qu’elle peut offrir guide sa technique, quitte à maltraiter les photographies, à abuser de la sous-exposition, des temps de pose anticonformistes et des produits périmés. Ainsi, les photographies représentent dans leur hétérogénéité la totalité du spectre de la pensée artistique de Sigmar Polke. L’artiste est à l’affût des moindres faits qui surviennent, et si le rendu est accidenté, en proie aux balbutiements, aux fêlures, aux accros, c’est encore mieux. Dans une société où le diktat de la représentation parfaite dicte nos vies, les œuvres de Sigmar Polke qui résonnent comme des expérimentations nous interrogent et nous ouvrent sur d’autres horizons.

A unique ensemble of photographs by sigmar polke dating from the 1970s, an emblematic period featuring the artist’s first jubilant experiments. They reveal Polke as an alchemist of photographic material, poet of almost nothing, free from all the rules of the medium and fierce chronicler of his time.


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