Calder-Picasso

Musée Picasso
Du 19 février au 25 août 2019

Le musée Picasso Paris invite Alexander Calder en sa demeure. Deux monstres sacrés de l’art réunis pour la première fois en France. Quel est le motif de ce rapprochement plutôt inattendu ? Certainement pas l’attachement entre les deux hommes qui se sont vus seulement 4 fois dans leur vie, et ne s’étaient pas particulièrement épris d’amitié l’un pour l’autre… éprouvant certes une admiration mutuelle, mais préférant rester  à distance respectueuse.

 

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Un lien formel et artistique alors peut-être ? A première vue on peut rester sceptique à l’idée de rapprocher les sculptures aériennes, les mobiles légers de Calder avec les peintures cubistes massives de Pablo Picasso. Mais vous vous en doutez, rien n’est jamais simple dans le monde de l’art, surtout quand il s’agit de deux figures emblématiques du XXe siècle. Leur lien, révélé dans cette très belle exposition, n’est autre que leur fascination pour le vide… Une nouvelle manière d’appréhender l’espace, les masses et leur absence, on parle même ici de « non-espace ».

Tous deux défient les limites dimensionnelles de l’espace et par là-même celles de l’art. Ici environ 120 œuvres des deux artistes dialoguent et se répondent de manière étonnante, entrant presque en symbiose les unes avec les autres. On comprend alors beaucoup mieux pourquoi Calder fut surnommé par la presse le « Picasso des Etats-Unis », dès leur première rencontre en 1931.

Tous deux ont su réinventer l’espace, défier la gravité, renouveler notre façon de percevoir ce qu’ils qualifient de « vide-espace ».

Une exposition initiée par les petits-fils des deux artistes, qui réussissent des décennies plus tard, à réunir dans un accrochage extrêmement poétique deux artistes que 18 ans séparaient, et qui ne s’étaient jamais vraiment rencontrés sauf à l’Exposition Universelle de Paris en 1937, puis 20 ans plus tard au siège de l’UNESCO. Une nouvelle lecture de l’Histoire qui se livre ici sous des perspectives inédites.

 

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Alexander Calder et Pablo Picasso sont incontestablement deux grands maîtres de l’art du XXe siècle. Cet accrochage poétique, inédit en France, nous emmène sur les pas de ces géants : c’est à travers 120 œuvres que nous découvrons leur attrait commun pour la notion de vide. Observez le Funambule (1932) de Calder et la Petite fille sautant à la corde (1950) de Picasso : ces deux figures aériennes, comme en lévitation, fascinent par leur grâce. C’est en déjouant les lois de la gravité que les deux artistes innovent. Leurs peintures et dessins, ainsi que leurs œuvres tridimensionnelles (sculptures en plâtre et bronze chez Picasso, mobiles et stabiles chez Calder), jouent avec l’espace et le vide. Tandis que les sculptures du premier nous frappent par le contraste créé entre un poids massif et un équilibre précaire, les œuvres du second sont elles-mêmes en mouvement dans l’espace. Dans les sculptures filaires de Calder, le vide fait en effet partie des œuvres, qui apparaissent comme des dessins tracés dans l’espace ! Les créations des deux maîtres nous frappent aussi par la similarité de leur langage plastique, qui tend vers l’abstraction. La série de 13 lithographies de Picasso intitulée Le Taureau est un exemple frappant : la représentation réaliste de l’animal se mue en une ligne épurée, et la forme est réduite à sa plus simple expression. Ne ratez pas cette exposition émouvante et délicate, émaillée de citations des deux artistes, qui nous plonge dans des chefs-d’œuvre aussi légers qu’une plume.

Le saviez-vous ?

Calder et Picasso se suivent tout au long de leurs carrières respectives. Leur première rencontre a lieu dans la galerie parisienne Percier, en 1931 : c’est alors que la presse commence à faire un lien entre les deux artistes. Calder est même appelé le « Picasso des États-Unis » ! C’est un honneur pour ce dernier, qui est plus jeune que le catalan. Leurs œuvres seront ensuite exposées ensemble en 1937 (Exposition Universelle de Paris) et 1958 (siège de l’UNESCO).

Two masters of abstract art are reunited for a sublime exhibit - Alexander Calder and Pablo Picasso. You’ll discover how they both exploited the void.


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