Nos images de l'exposition Dans l'appartement de Léonce Rosenberg au Musée Picasso Paris

 

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Ernst, Picabia, Léger, De Chirico... S'il est de toute évidence moins célèbre que son frère Paul, force est de constater que Léonce Rosenberg avait l'œil. Nous ne pouvons que vous conseiller de filer au Musée Picasso qui consacre une sublime exposition aux trésors de frère aîné méconnu.

Si le prénom de Paul reste indissociable du 21 rue de La Boétie, Léonce a fait du 75 rue de Longchamp un refuge pour toutes les avant-gardes avant que la crise de 1929 ne précipite sa ruine et le force à disperser cette collection perdue à jamais... jusqu’à aujourd’hui. À travers la sélection d’une quarantaine de chefs-d’œuvre signés Georges Braque, Max Ernst ou Fernand Léger, cette fabuleuse exposition parvient à reconstituer l’atmosphère des onze pièces de cet appartement cossu de l’entre-deux-guerres.

L’occasion de s’inspirer librement du décor cubique de la salle à manger, de faire un tour par le fumoir, vitrine parfaite des explorations abstraites d’Auguste Herbin, et de finir la visite en apothéose avec le hall de réception paré des irrésistibles mais inoffensifs Gladiateurs de Giorgio de Chirico, le vestibule au cycle des Quatre Saisons de Fernand Léger, le boudoir au surréaliste Jean Viollier et la chambre de Madeleine aux compositions philosophiques de Max Ernst. Un tour du propriétaire avec à la clé l’une des plus belles collections du siècle dernier.

Le saviez-vous ?
Au lendemain de la Grande Guerre, l’heure est aux réparations. Le 13 juin 1921, des centaines de pièces signées Vlaminck, Derain, Picasso ou Van Dongen, saisies dans la galerie parisienne du marchand allemand Daniel-Henry Kahnweiler, sont mises aux enchères à des prix dérisoires... Louis Aragon emporte notamment une toile de Braque pour 240 francs. Le peintre explose, se jette sur Léonce Rosenberg jugé responsable de cette grande braderie en tant qu’expert de la vente. Le coup part et l’artiste furieux lui colle plusieurs fois son pied au derrière.

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